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Leader du groupe rock australien Clann Zú dans le milieu des années 2000, l’irlandais Declan de Barra s’est tourné vers la folk en épousant la carrière en solo. Pour son troisième album, « Fragments, Footprints and the Forgotten », sorti au printemps dernier, celui-ci opte pour l’extrême dépouillement d’une guitare acoustique, d’une guitare électrique ou d’un accordéon pour accompagner sa voix grave. Allant à l’essentiel, il nous prouve qu’il n’est pas besoin de plus pour nous toucher, pour preuve ce Midnight Swell  qui nous pousse au frisson. Intime et habité.
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Il sera ces prochains jours en France pour quelques dates sur notre territoire : à Paris les 10 et 11 novembre, respectivement au Nouveau Casino (avec Lisa Portelli) et au In The Garden, le 12/11 à Pantin (La Menuiserie) et le 16/11 à Limoges (La Fourmi), l’occasion pour nous de lui proposer l’Interview automatique à la veille d’Halloween.

01. A quoi rêviez-vous enfant ?
Basiquement, je voulais me barrer et découvrir le monde. Aller là où les grandes idées sont encouragées. J’ai grandi dans un petit village très conservateur, où penser grand était quelque chose qu’il ne fallait pas encourager. L’idée que tu « puisses t’élever au-dessus de ta condition », les « qui crois-tu être pour avoir des pensées aussi hautes ? ». J’ai toujours su que je quitterais le pays dès que j’en aurais la possibilité. Je ne suis pas retourné en Irlande avant que cette mesquinerie ne soit, pour moi, du passé.

02. Av(i)ez-vous des modèles ?
Pour revenir à ma jeunesse, dans l’histoire ancienne, il n’y avait pas grand chose à faire, une ou deux chaines de télé et de radios, et pas mal de merde dedans. J’ai accroché sur des groupes comme Suicidal Tendencies, the Pogues, Slayer et Anthrax. Je dépensais le peu d’argent que j’avais pour acheter leurs disques et voyager pour aller les voir quand ils jouaient à Dublin. J’étais aussi un grand fan de David Lee Roth, ce branleur hyper confiant était à l’opposé de tout ce qui pouvait m’entourer.

J’ai toujours admiré les gens qui travaillaient dur et traçaient leur propre voie, peu importe leur talent, grand ou petit. Des gens comme Henry Rollins ou Felicia Day (une actrice qui écrit et produit sa propre série sur le web, « The Guild »). J’ai toujours respecté ceux qui se battent pour défendre leurs idées. Les rebelles. Ceux à qui ont dit de se taire mais qui poursuivent même sous la menace de violence.

03. Comment décririez-vous votre travail ?
Ma musique, mes peintures, mes écrits sont tous reliés. Ce sont des histoires, de la narration d’une manière ou d’une autre. Je suis un conteur et je suis très heureux de l’être.

04. Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
En gros, je passe à peu près 50% de mon temps à écrire de la musique et à jouer sur scène et les autres 50% à écrire pour la télé ou le cinéma (bien que cette année j’ai passé moins de temps en tournée). Je passe mon temps libre à m’entrainer au MMA, Mixed Martial Art ou combat complet (wikipédia), surfer ou regarder des films avec ma femme.

05. Quelle est votre actualité ?
En ce moment, elle est assez chargée. Par rapport à mon travail, j’écris de nouvelles musiques que je sortirai a priori sous forme de EPs, toutes sur des instruments différents. Certains que je ne sais pas encore jouer. Cela me gardera frais tout en m’offrant de nouvelles manières d’écrire. J’ai une série télé de science-fiction pour ado qui devrait entrer en production l’année prochaine et je suis occupé à écrire des scénarios et des pilotes pour d’autres trucs. Tous très amusants. En dehors du boulot, je suis très impressionné par tous les révoltes du moment partout dans le monde. Je pensais que les gens étaient devenus mous, distraits et mentalement flasque. J’avais tort et je suis heureux d’avoir eu tort, des printemps arabes aux mouvements des indignés, les gens se lèvent pour leurs droits et réclament un futur décent.

06. Quel est votre dernier coup de cœur artistique ?
Je lis beaucoup de science-fiction en ce moment, le dernier était « The Forever War » (nda : La Guerre éternelle de Joe Haldeman, 1974). Sinon, il y a beaucoup de street art de grande qualité en ce moment à Los Angeles. Le dernier Tom Waits est aussi très bien. Je n’écoute plus vraiment de musique, beaucoup de musiciens te diraient la même chose. Après les tournées, beaucoup de zikos veulent le silence. J’ai de toute façon besoin de silence, j’ai besoin d’avoir l’esprit au clair afin de laisser grandir les nouvelles chansons. Quand j’arrête de tourner.

07. Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
Des chocolats français rapportés de ma dernière tournée pour un ami français qui vit ici à Los Angeles.

08. Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
Ma femme et mon sac d’urgence. Ici à Los Angeles, il y a des tremblements de terre. Alors j’ai un sac sous mon lit avec tout ce qui est important, les passeports, etc. Si j’ai assez de temps, ma guitare Lowden, nous avons fait le tour du monde ensemble.

09. Vous faites quoi demain ?
Demain, je dois rendre un projet de scénario, puis m’entrainer à la boxe thaï, soigner les blessures que je pourrais avoir, préparer un énorme repas et regarder n’importe quel bon film d’horreur qui passera à la télé pour Halloween.

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