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Posts Tagged ‘Paris’

On ne présente plus le cinéaste Tim Burton, ce parfait héritier des surréalistes qui nous enchante par son univers largement influencé par Edgar Allan Poe. Son cinéma sans cesse revisité depuis « Pee-wee’s Big Adventure » et « Beetlejuice«  et plus récemment avec « Charlie et la Chocolaterie », « Big Fish » ou « Alice au Pays des merveilles » renverse régulièrement les codes cinématographiques et nous enchante par sa signature majestueusement onirique.

On oublie, par trop souvent, que ce conteur exceptionnel, ancien étudiant de la prestigieuse école de CalArt créée par Disney à Los Angeles, est aussi un graphiste et un photographe de génie. Vous serez donc sans doute étonné, à l’occasion de l’exposition qui ouvre demain à La Cinémathèque française et ce jusqu’au 5 août. Forte de son succès colossale aux États-Unis en 2010, cette grande présentation révèle aux spectateurs de véritables trésors : dessins, peintures, story-boards, maquettes, costumes, ainsi que des extraits de films super 8 et 16 millimètres de l’artiste. Vous passerez, comme par magie, dans l’envers du décor.

Il ne vous reste plus qu’à réserver vos billets en suivant le lapin blanc.
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Si vous faites partie de la génération des années 80, si vous avez collectionné les photos de The Cure, New Order ou encore des Smiths, Serge Gainsbourg, Alain Bashung et beaucoup d’autres (car la liste est longue, très longue), vous avez peut être tout comme moi à l’époque de vos premières poussées d’acné, accroché un fascinant poster de votre rock star préférée sans savoir que derrière cette image se tenait très probablement une silhouette frêle et énigmatique : celle du grand photographe français Richard Bellia.

Quand Richard, à 18 ans, tombe sur un appareil photo au cours d’une soirée, autant dire qu’il tombe amoureux pour la deuxième fois, car son grand amour avant tout : c’est la musique. C’est alors la révélation. Il achète son premier appareil et court au concert gratuit du coin pour mitrailler les élus de son cœur : les musiciens. Musiciens qu’il continue de prendre encore et toujours depuis plus de 30 ans, musiciens qu’il commence à défendre à la radio à la RTBF et dans la presse avec le Melody Maker en 87, puis en parcourant le monde, son argentique sur l’épaule, de Londres en passant par la Suisse ou la République tchèque pendant une dizaine d’années.

Une fois rentré en France il contribue à la création des magasines Trax, Groove et Rock Sound, tout en multipliant les projets et les expositions. Ça se bouscule autour de Richard Bellia et ses photos deviennent aussi cultes que leurs sujets : Kurt Cobain, Joe Strummer, Iggy Pop, Beasty Boys et j’en passe. J’en passe, car l’intérêt n’est pas d’établir une longue liste qui ne défendrait que le côté prestigieux de son travail. Le plus intéressant et fondamental est de s’immerger dans ses photos, en jetant un œil  par exemple sur son excellent livre sorti fin 2007, « Un œil sur la musique« , une œuvre magistrale de 260 pages qui réunie 25 ans de passion photographique et musicale, deux kilos de trésors uniquement en argentique (« le numérique est une perte de temps »). Si cette perle reste épuisée pour le moment, vous pouvez néanmoins vous consoler avec le catalogue de l’exposition « Sex and Rock and Roll » ou faire un tour à la boutique The Yellowkorner à Lyon qui propose à la vente quelques une de ses photos en séries limitées !

Comme ses photos, le bonhomme est un authentique. Il tire ses clichés grand format lui-même au sein d’un studio dont il est propriétaire, contribue également au mouvement écolo en proposant le concept du tri sélectif dans les festivals et aborde pour carte de visite un éternel sourire communicatif partout où il passe. A l’origine, avec son ami vigneron Pierre Pitiot, de la fameuse cuvée Fucks@rkozy (un délicieux avatar du beaujolais), il dénonce par ce biais l’hypocrisie de l’actualité politique.
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Richard est un engagé parce qu’il est surtout un enragé de l’authenticité et de l’humilité. Un grand monsieur que vous pourrez retrouver le 18 janvier 2012 à l’occasion de ses cinquante ans au Transbordeur à Lyon, avec une exposition de la totalité de son travail et une scène musicale riche en surprises !

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Judith Scott est atteinte du syndrome de Down (trisomie 21). Également sourde et muette, elle ne peut communiquer avec le monde extérieur. Quand en 1950, à l’âge de sept ans, elle est déclarée inapte à suivre tout enseignement spécialisé, elle est brutalement coupée des siens et se retrouve privée d’environnement pédagogique et artistique. Elle passe alors plus de 35 ans dans des institutions spécialisées, soumise à des conditions proches de l’internement. En 1986, Judith Scott est prise en charge par sa sœur jumelle qui obtient sa tutelle et l’emmène avec elle en Californie. Elle vit dès lors dans un milieu adapté à son état et rejoint le Creative Growth Art Center, à Oakland, où elle s’engage spontanément dans la création. Ce petit bout de femme éternelle enfant est totalement inconsciente qu’elle opère dans le domaine de l’art. Les sculptures qui constituent son unique moyen d’expression resteront un mystère envoûtant jusqu’à sa mort en 2005 à l’âge de 62 ans.

Sandra Adam-Couralet et Allan Belland, commissaires d’exposition lui rendent aujourd’hui hommage en présentant « une douzaine de ses œuvres exposées pour la première fois à Paris, résonnant profondément avec les objets de la sculpture contemporaine comme ceux de Louise Bourgeois ou de Tony Cragg. La liberté technique, ainsi que la richesse psychologique et émotionnelle, qui conduit la démarche de Judith Scott est exemplaire pour d’autres de la scène actuelle, bien au-delà des questions troublantes de son handicap. Il s’agit de montrer ses sculptures textiles en tant qu’objets magiques, secrets et puissants, montrer une pratique de la sculpture désinvolte à l’égare du tissage et des formes traditionnelles, faire honneur au même titre que les autres artistes invités à une démarche inédite. »

Jusqu’à sa mort, Judith poursuivra son travail solitaire de fileuse de chrysalide, nous laissant dès lors son expression unique et récurrente : une obsédante danse autour des objets anodins dissimulés sous des résaux complexes de fils colorés. Judith tissait des cocons géants et multicolores, qui nous évoquent des fétiches magiques, des poupées d’envoûtement ou des totems. Ses oeuvres semblent douées du pouvoir de vie ou de mort, ou renfermer un secret que l’artiste prenait soin de cacher. Comme un besoin de tisser des liens qu’elle avait elle même perdu à une triste époque de sa vie. Judith embauma ses secrets d’innocence et de symbolisme, entre enfermement et libération, sous des cris de couleurs et des strates de matières douces.

Ses œuvres sont visibles jusqu’au 18 décembre au Collège des Bernardins à Paris. Une exposition à découvrir absolument pour ne pas perdre le fil…
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Takashi Murakami est l’un des artistes les plus chers du monde et sa popularité est telle que tout les projets les plus délirants lui sont permis. Nous n’avons pas oublié ses fleurs géantes au sourire béat et ses peluches Kawai (mignon en japonais) investirent les Grands Appartements et la Galerie des glaces du Château de Versailles en septembre 2010, transformant le site hautement historique en un parc multicolore et acidulé et nous offrant un voyage chez le Roi Soleil sous LSD. Suscitant une grande polémique à l’époque et soulignant la question du contraste entre l’art classique du patrimoine historique confronté à l’art contemporain, cette exposition résume quoi qu’il en soit la parfaite indépendance d’esprit et d’action de ce monumental artiste japonais de 49 ans, qui rêvait avant tout d’être réalisateur de dessins-animés.

Son parcours commence en 1986 par son inscription à un cours de peinture traditionnelle Nihon-Ga issue de la traduction picturale japonaise et du courant Edo puis par une  formation de cinq ans à l’Université des Beaux Arts et de Musique de Tokyo. Il fonde le studio de production Hiropon Factory en 1995 (aujourd’hui rebaptisé Kaikai Kiki Corporation) qui lui permet de soutenir certains artistes japonais et de  commercialiser les produits dérivés de son art. Il se démarquera particulièrement par la suite dans des collaborations de renom comme avec Louis Vuitton en 2004, Kanye West en 2007 et Britney Spears. Bref, personne ne lui résiste et lui même ne résiste jamais à la jouissance du parfum  de scandale et de provocation qu’il sème allégrement derrière lui.

Considéré comme le créateur de la théorie dite du Superflat (néo pop), parfait héritier d’Andy Warhol, Takashi serait presque éclipsé par son art si démesurément hallucinogène. Ses œuvres sont une fusion de multiples références iconographiques et culturelles, passant par les mangas, le cinéma, la tradition et les possibilités qu’offre la technologie actuelle. Les sous entendus provocants sont légions et les ironies sont nombreuses dans son travail. La présence de sperme, de personnages débiles et écervelés, drogués et absurdes fait l’apologie d’un discours profond divisé en plusieurs niveaux de lecture : critique du fanatisme, de la société de consommation, de la culture populaire et du phénomène de syncrétisme qu’il impose par le paradoxe de sa propre popularité.

Takashi Murakami rend hommage cette année au bleu d’Yves Klein à l’occasion de l’exposition « Homage to Yves Klein » à la Galerie Perrotin de Paris jusqu’au 7 janvier 2012 . À ce propos l’artiste déclare : « Je pense que l’on s’accorderait à dire que la couleur est l’un des éléments les plus importants de mon travail et quand on observe la vie de Yves Klein, la raison devient éclatante, palpable. La couleur est comme le bouddhisme Zen au Japon, un outil qui peut instantanément guider chacun vers un monde extérieur à soi, qui nous échappe. J’aimerais dédicacer cette exposition à l’artiste qui a le plus passionnément poursuivi cette quête de la couleur. »

Si Takashi a de la malice plein les yeux, c’est pour mieux vous en mettre pleins les mirettes. À consommer donc sans modération et avec jubilation !

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Il flotte dans l’air un parfum d’illusion avec Stephan Balleux. Son travail porté sur la perception picturale nous embarque dans un tour de prestidigitateur où les êtres et les choses apparaissent ou disparaissent, selon notre angle de vue.

L’artiste, né en 1974, sorti de l’académie des Beaux-Arts de Bruxelles et de l’Institut Supérieur des Beaux-Arts d’Anvers, vit et travaille désormais à Berlin et expose un peu partout dans le monde, notamment à Bruxelles, Paris et également en Chine.

Son langage s’articule autours du concept du « médium de la communication ». Une image de la mémoire collective sera sujette à un détournement, une transformation et une mutation picturale qui sèmera alors un trouble, une sensation de flou ou une apparition, victime de dédoublement de la personnalité. La source peut être une de ses propres toiles redéfinie et transformée à l’infini, se retrouvant alors être l’objet de sa propre dénaturation, ainsi que  des images d’art ancrées dans  l’histoire et la société.

Ses tours de ‘passe-passe’ nous immergent dans un univers à plusieurs dimensions. La peinture n’est plus une surface plane mais un mouvement, une association d’images,  une succession de métamorphoses sombres et oniriques. Sujet que l’on a retrouvé  fortement dans l’une de ses dernières expositions; « Cipher », à Paris en 2008, à la galerie Think.21. Dans cette série d’œuvres, les figures décomposées se construisent, paradoxalement, une identité propre et nous poussent à nous questionner sur les possibilités cachées de la vision frontale d’une œuvre.

Longtemps concentré sur une palette de couleurs, aujourd’hui Stephan Balleux approfondit la magie du noir et blanc pour nous inquiéter un peu plus et faire de ses tableaux la véritable vision d’un univers parallèle, multidimensionnel, où se mélangent les époques et les identités.

Les choses vont et viennent, les visages se métamorphosent en d’autres visages et nous plongent dans une mise en abîme envoûtante et vaporeuse. Stephane Balleux est un magicien et nous, le lapin, qu’il sort de son chapeau.
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Découvert suite au postage de la vidéo ci-dessous, voici un blog plutôt agréable, celui de Michelle C., américaine émigrée à Paris et qui nous fait partager, souvent de son salon, sa découverte de la France (car elle s’aventure également en Province (: « ce qui n’est pas Paris »).

Même si les vidéos restent en anglais (quoiqu’avec l’option [cc] en bas à droite sur les vidéos présentées, vous pouvez avoir des sous-titres relativement fidèles…) vous avez à disposition deux versions de ce blog, en version originale et en français.

Le ton est frais, parfois un peu fou-fou, le flow rapide et le montage un peu bricolé. Même si la jeune femme est parfois un peu longue dans ses démonstrations, il n’en demeure pas moins que ce blog est une belle manière de voir, avec humour, comment la France peut être perçue par les étrangers.

Au hasard… (bon pas tout à fait) : Comment s’en sortir en France avec un seul mot magique !

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A 23 ans, Paloma Kouider a déjà un joli parcours. Cursus au CRR* de Paris et à l’École Normale  de Musique, lauréate de la Fondation Natixis-Banque Populaire en 2007, Révélations classiques de l’Adami en 2008, elle ne fait pourtant pas partie des bêtes à concours que l’on trouve souvent dans ce milieu à ce niveau d’exercice. Cette khâgneuse, sans passer par les CNSM** de Lyon ou de Paris, a su séduire au fil des années, par une personnalité de jeu assurée, les professeurs (Paul Meyer, Eric Le Sage, Sergueï Markarov) et amateurs qui l’ont suivi, fidèles et avisés. Un premier opus, sorti à la rentrée chez Lyrinx  et encensé par la presse spécialisée (5 Diapasons, **** Classica), il n’en fallait pas plus pour nous donner envie de rencontrer cette jeune interprète de caractère.

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[vidéo supprimée à la demande de l’artiste le 17 janvier 2012…]

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* Conservatoire à Rayonnement Régional
** Conservatoire National Supérieur de Musique

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