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Posts Tagged ‘mort’

Le corps est un outil à qui l’ont peut faire subir des expériences extrêmes. Ce corps humain cloné, déformé, multiplié et réincarné est l’outil choisi et reconsidéré par Robert Gligorov pour explorer les positionnements politiques, sexuels et les pratiques de consommation de notre société.

Né en Macédoine en 1959, cet ancien acteur de film d’horreur vit et travaille désormais en Italie, l’esprit hanté par la mort et les mutations des corps. Acteur de ses propres scénarios il réalise, dans sa phase « héroïque », des performances, des installations, des vidéos et quelques sculptures se nourrissant de cette obsession  : la quête d’une nouvelle « peau »,  organique et inorganique, comme un entre-deux improbable parcouru de toutes les inquiétudes contemporaines. L’ère est aux supputations, aux hybridations de toutes espèces, aux mélanges des genres et à la mutation morphogénétique.

Ses photographies sont les plus explicites mises en scène de son principe d’attraction/répulsion. « Divina », la colombe blanche de 2007 s’oppose radicalement, par exemple, à ce « Self Portrait » bubonique de 1998. La mort, la maladie, les symboles politiques et les usages de sur-consommation sont également omniprésents et incarnent un parfum de scandale voué à l’anticonformisme. Et pour servir son art tout les matériaux possibles et improbables sont utilisés : peaux de volailles, animaux empaillés, armes, mannequins, corps humains, objets du quotidien ou lui-même. Ce manipulateur de la chaire et de ses extensions étire son art dans des discours ouverts et multiples.
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Entre images mortifiées et provocations sociologiques, son regard cynique, puissant et insidieux nous livre un subtil questionnement sur notre ère voué au pouvoir et tout en dénoçant sa dramatique déshumanisation. Une critique acerbe sur la mort et la vie en société à décortiquer vivement.

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C’est l’amour des sciences et des arts qui conduit le chemin de Julien Salaud, artiste très prometteur, que l’on a pu voir lors de l’exposition « Rituels » de la Fondation Ricard en juillet dernier. Ce n’est donc pas un hasard, si on le retrouvera du 29 octobre au 14 janvier prochains au Grand Orient de France à Paris dans le cadre de « Ethique et Corps« , une réflexion autour de ces deux domaines.

À son cursus scientifique où il étudie la faune, il ajoute toute la part imaginaire qui lui manque, s’inspirant autant de photographies issues du musée d’histoire naturelle que des insectes qu’il collectionnait avec son père dans son enfance. L’essence de son travail se manifeste dans un véritable bestiaire magique, constitué d’assemblages d’insectes, d’ailes d’oiseaux et de cervidés empaillés, détournés audacieusement avec des matériaux qu’il trouve ici et là dans l’environnement urbain. Surgissent alors des êtres hybrides, ornés, brodés et tissés de perles, de clous ou de fils de cotons, dont la série de sculptures « animaux constellations » qui fera l’objet notamment de sa prochaine exposition.

Réinventant toute une mythologie polymorphe et tentaculaire, proposant une vision sur la capacité que possède le divin à se manifester dans la faune, Julien Salaud nous offre un véritable éloge à la nature et à la puissance du règne animal. On plonge dans une féerie chatoyante, étrange, symbolique et mystique qui, au delà des représentations, révèle tout le désire de l’artiste ; « nous soumettre à notre condition humaine face à toute la force symbolique et mystique des éléments naturels, afin de nous expliquer la mort. » Car chez les animaux de Julien Salaud, la mort  « n’est pas un état définitif. »

Il sera également présent au cours de la biennale de la Jeune Création Européenne à la fabrique de Montrouge, du 15 octobre au 13 novembre prochain.

Blog de Julien Salaud : http://blog.julien-salaud.info

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Ahmad Shah Massoud © Jonathan Zabriskie

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