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Posts Tagged ‘jazz’

Voilà un bel ovni musical sortit à la rentrée dernière sur le label Atavistic. « Kumquat May » plonge l’auditeur dans un univers complexe à mi-chemin entre rock indé et jazz, et surement plus l’inverse. Derrière ce projet, W. W. Lowman, musicien basé à Chicago qui, rejoint par des musiciens tel que Frank Navin, Dave Miller ou Corin Healey, s’aventure savamment entre expérimentation pop, musiques de film, post quelque chose et berceuses totalement free. Il souffle sur ce deuxième album un total vent de liberté, la fusion des genres poussée à son paroxysme.

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Le 27 mai de cette année 2011, le monde perdait un seigneur des mots et de la musique, un poète et un romancier à l’âme engagée, un musicien et un chanteur aux textes éclairés, sensibles et baignés dans une élégante soul musique, teintée de blues et de funk : le très regretté Gil Scott-Heron.

Né un 1er avril 1949 à Chicago, il passe une partie de son enfance auprès de sa grand-mère Lillie Scott dans le Tennessee à la suite du divorce de ses parents. Il poursuit des études secondaires dans le Bronx puis passe l’année 1970 à la Lincoln University (Pennsylvanie). Cette année là, il publie son premier roman, « The Vulture » (Le Vautour), un polar qui passe à l’époque complètement inaperçu, et pourtant objet culte aujourd’hui. Ce premier écrit est une satire de la politique américaine et du gouvernement de Nixon. Scott-Heron a une vision très lucide sur son époque. Il dénonce les dérives d’une société américaine étouffée par  la violence des problèmes de drogues qui sévissent dans les ghettos, par la misère de la condition noire et de ses discriminations dont il fait lui-même l’objet au quotidien. Il ajoute un magnifique recueil de poésies « Small Talk at the 125th and Lenox » cette même année.

Cet esprit contestataire va peu à peu passer de l’écrit à la chanson scandée (spoken word), qui sera l’un des mouvement fondateur du rap, grâce à une collaboration plus que prestigieuse avec des musiciens de jazz comme Bert Jones et Brian Jackson. Sous le même titre que le recueil précité sort un 33 tours produit par Bob Thiele (producteur notamment de John Coltrane), disque incroyablement moderne aux textes radicaux et au débit fortement maîtrisé. Ce premier album marque la naissance d’une très longue discographie de 26 albums à la qualité incontestable.

Son discours critique restera fidèle à ses opinions tout au long de son œuvre. De Nixon à Reagan (explicitement dans le titre B Movie), Gil Scott-Heron n’aura de cesse de défendre la condition afro-américaine et de dénoncer les conditions sociales monstrueuses dans lesquelles ce groupe tente difficilement d’évoluer. Il est une voix portée contre l’ignorance des classes moyennes, contre le monde des médias et de la politique conservatrice de l’époque. Écarté du label Arista en 1985, il est contraint de stopper les enregistrements studios provisoirement mais continue les tournées qu’il enchaîne frénétiquement.

Il retourne en studio en 1993 avec l’enregistrement de l’incontournable « Spirits ». La plupart de ces morceaux sont un appel aux rappeurs de l’époque, soulignant leurs textes qu’il estime trop assis sur la situation sociale et dénonçant un certain manque de recherche artistique. Une recherche qu’il creuse lui même jusqu’en enfer. En effet en 2001, suite au décès de sa mère, Gil Scott-Heron est incarcéré pour une sombre affaire de drogue et de violence domestique. Tombant dans un cercle vicieux de souffrance et de dépendance, il reste une année en prison. À sa sortie il participe à l’album du groupe Blackalicious « Blazing Arrow » , avant dix ans de silence.

Il revient en 2010 avec le magnifique « I’m New Here » , mixé par Jamie Smith. Le superbe morceau Me and the Devil est un étonnant mélange d’électro et de soul, à la fois sombre et brillant. Scott-Heron semble nous laisser ici son testament et nous enveloppe une dernière fois dans sa poésie nourrie par le cœur de la ville, la misère et la souffrance, avec cette voix toujours aussi fragile et touchante. Le célèbre réalisateur Chris Cunningham remixera le titre New York is Killing me, l’illustrant par la suite d’un clip minimaliste et sombre.
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Au cours d’un voyage en Europe Gil Scott-Heron tombe très gravement malade, on le savait atteint du sida. Certains auront malgré tout la chance de le voir une dernière fois à Paris au cours de cette tournée. Il s’éteint à 62 ans dans un hôpital de New York.

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Groupe belge chantant en anglais, Absynthe Minded, tout en gardant cette pâte qui fait l’identité des groupes du plat pays, à l’instar des dEUS, Zita Swoon, Venus, parcourt les paysages américains, comme autant de road movies en chansons. Pour son nouvel album, le groupe navigue entre indie rock, parfois noisy, sonorités décalées, crooner songs à la Cousteau et jazz… Un songwriting directement inspiré par la vie, la famille, les proches et c’est sans doute pour cela qu’il nous touche.

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La semaine passée, la chanteuse suédoise Sarah Riedel était à Paris à l’Institut suédois, présentant le temps d’un concert les chansons de son album « Memories of a Lost Lane » (lire la chronique) sorti au printemps dernier sur le label Parallell. L’occasion pour nous de nous entretenir avec elle et la laisser chanter un peu…

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Paolo Fresu est l’un des grands noms de la trompette jazz. Cet italien de bientôt 50 ans a su imposer, depuis le milieu des années 80, un son feutré et délicat, souvent empreint d’une certaine nostalgie.

Lui qui multiplie régulièrement les expériences, revient à son quintet historique* pour une première sortie sur son propre label, Tŭk Music : Songlines/Night & Blue. Un double album qui fait la part belle à la mélodie tout en attachant un soin particulier à l’espace, aux silences.

Une belle manière de découvrir ou d’apprécier encore une fois le travail du transalpin qui s’est confié à nous pour l’occasion.

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Paolo Fresu sera les 10 et 11 décembre prochain en concert à Paris au Sunset.

A noter également, la sortie sur Tŭk Music d’Argento premier album de Raffaele Casarano.

* Tino Tracanna (saxophones ténor et soprano), Roberto Cipelli (piano), Attilio Zanchi (conbrebasse) et Ettore Fioravanti (batterie)

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Sarah Riedel est l’une des jeunes figures montantes de la scène jazz suédoise. Ce premier album sorti au printemps dernier sur le label scandinave Parallell dévoile un univers élégant aux atmosphères lancinantes, des mélodies sensibles parées d’arrangements de cordes soignés entre musique classique, teintes jazz et empreintes pop. La voix de la jeune femme, légèrement teintée d’enfance mais à l’assurance certaine, s’élève avec délicatesse et poésie. Un voyage intime qui fait de ce Memories of a lost Lane un album précieux.

Sarah Riedel sera en concert à l’Institut suédois le 22 octobre prochain. Profitez-en l’entrée est libre ! [plus d’infos]

Trois titres sont en écoute sur son site.

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