Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Italie’

Depuis 1992, Emergenza propose aux groupes émergents (d’abord en Italie, puis en France et, depuis, un peu partout sur le globe) de faire leurs armes sur de grandes scènes et tenter de décrocher la timbale de meilleur groupe de l’année, d’abord dans leur pays puis dans une grande finale internationale. Depuis quelques années, celle-ci se déroule en Allemagne, à Rothenburg ob der Tauber (petite ville fortifiée de la Renaissance), lors du Taubertal Festival.

Pour cette nouvelle édition, 18 groupes représentant 16 pays s’affrontaient sur trois jours dans ce qui pourrait s’apparenter à une version moins varièt’ de l’Eurovision, même si Japon, Australie et Canada faisaient aussi partie de l’aventure. 11 jurés, issus du monde de la musique (producteurs, managers, etc.) dont votre serviteur, répartis en deux panels, artistique et technique, avec pour objectif de désigner un grand lauréat et répartir divers prix à ces groupes prometteurs. Ou, pour ces derniers, comment convaincre en 30 minutes.

.

Le Jury © Michael Herdlein

.
La tendance avait déjà été pressentie à Paris, le rock n’est pas mort, bien au contraire. Sur les restes de Muse, Interpol et des Strokes, ravivés une première fois par Bloc Party, Arctic Monkeys puis ces derniers temps par des groupes comme Two Door Cinema Club, on retrouve majoritairement chez ces jeunes l’envie de faire danser sur des guitares bien tranchées et des rythmiques appuyées.

.
Première journée

Si ce premier jour commence sans plus d’excitation, avec le blues rock de Professor Grabosky (Allemagne), le rock de Filthy Whisky (UK) ou la pop folk de Mathieu Neil (France), c’était sans compter sans la folie salvatrice des japonais de Struggle-Head, Emergence. Rock puissant et millimétré, légèrement métallisant, qui garde pourtant une évidente saveur pop que seuls nos amis nippons sont capables de pratiquer. Une chanteuse-guitariste au sourire communicateur malgré ses trois mots d’anglais, un bassiste bondissant, un guitariste aussi discret que virtuose sur son instrument et un batteur des plus percussifs font, pour moi de ce groupe, la claque de cette édition.
.

S.H.E. © Michael Herdlein

.
Difficile de monter sur scène ensuite. Pourtant le rythme ne retombe pas avec les danois de LSD on CIA. Un rock ultra-énergique qui célébre la rencontre d’Arctic Monkeys et de Queens of the Stone Age. La voix de Mikkel Konyher n’est pas sans évoquer les mutations d’un Matthew Bellamy (Muse) alors que sous son jeu de guitare laisse poindre une affection pour Sonic Youth. Le punch guerrier de Troels Dankert à la batterie et la fougue frustrée de Piotr Fronek, pour cause de cheville cassée, à la basse offrent à ce groupe une section rythmique des plus excitantes. Cette blessure, n’aura d’ailleurs pas empêché ce jeune garçon de montrer, même sur une chaise à roulettes, son efficacité puisqu’il récoltera le prix du meilleur bassiste.
.

LSD on CIA © Michael Herdlein

.
Dans une veine similaire et un peu plus musclée, les italiens de F.O.O.S font plutôt bonne figure et leur dernière place au classement général semble bien sévère. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les suisses de Rag Dolls savent comment écrire de bonnes chansons pop-rock, il est malheureusement dommage que celles-ci donnent toujours l’impression d’être celles d’un autre groupe. Un peu d’authenticité ne leur ferait pas de mal.
.

Foos © Michael Herdlein

.
Puis, un peu comme par magie, cette première journée se termine en forme de parenthèse, une respiration au milieu des guitares saturées. Les australiens de LeBelle investissent le plateau, trois garçons et une très jolie jeune fille longiligne dont la voix s’élève sur Taubertal comme un enchantement. Un timbre qui rappelle ceux de Tori Amos ou Kate Bush mais qu’on ne s’y trompe pas, même si l’ambiance est plus posée, il s’agit bien là encore de rock. Brent, Mitchell et Jay qui revendiquent dans leurs influences aussi bien Coldplay que Tool… ont une assurance de jeu qui fait plaisir à voir. Un joli moment, que nous vous proposons de découvrir le temps d’un clip, en attendant la suite de ce compte-rendu, dès demain !

.

Publicités

Read Full Post »

Voilà un album qu’on ne s’attendait pas à voir chez nos amis transalpins. En effet, ce second opus de Bad Love Experience, montre qu’il existe bien en Italie une scène rock qui n’a rien à envier aux anglo-saxons. Frais, énergique, tout en attachant un soin particulier aux mélodies, « Rainy Day » fait partie de ces albums évidents, que l’on écoute comme s’ils avaient toujours été… ayant digéré avec talents les influences musicales de cinquante années de culture londonienne, avec des échos (du début) des Beatles, des Boo Radleys, The Cribs, The Fratellis, un solo d’harmonica, de jolies orgues vintages. Le résultat nous fera seulement regretter, pour eux, d’avoir une sortie un peu confidentielle… mais grand bien pour Tannen Records qui a eu du flair !

http://official.fm/track/140116?size=small

Read Full Post »

Paolo Fresu est l’un des grands noms de la trompette jazz. Cet italien de bientôt 50 ans a su imposer, depuis le milieu des années 80, un son feutré et délicat, souvent empreint d’une certaine nostalgie.

Lui qui multiplie régulièrement les expériences, revient à son quintet historique* pour une première sortie sur son propre label, Tŭk Music : Songlines/Night & Blue. Un double album qui fait la part belle à la mélodie tout en attachant un soin particulier à l’espace, aux silences.

Une belle manière de découvrir ou d’apprécier encore une fois le travail du transalpin qui s’est confié à nous pour l’occasion.

.

.

Paolo Fresu sera les 10 et 11 décembre prochain en concert à Paris au Sunset.

A noter également, la sortie sur Tŭk Music d’Argento premier album de Raffaele Casarano.

* Tino Tracanna (saxophones ténor et soprano), Roberto Cipelli (piano), Attilio Zanchi (conbrebasse) et Ettore Fioravanti (batterie)

Read Full Post »