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Posts Tagged ‘groove’

Si vous faites partie de la génération des années 80, si vous avez collectionné les photos de The Cure, New Order ou encore des Smiths, Serge Gainsbourg, Alain Bashung et beaucoup d’autres (car la liste est longue, très longue), vous avez peut être tout comme moi à l’époque de vos premières poussées d’acné, accroché un fascinant poster de votre rock star préférée sans savoir que derrière cette image se tenait très probablement une silhouette frêle et énigmatique : celle du grand photographe français Richard Bellia.

Quand Richard, à 18 ans, tombe sur un appareil photo au cours d’une soirée, autant dire qu’il tombe amoureux pour la deuxième fois, car son grand amour avant tout : c’est la musique. C’est alors la révélation. Il achète son premier appareil et court au concert gratuit du coin pour mitrailler les élus de son cœur : les musiciens. Musiciens qu’il continue de prendre encore et toujours depuis plus de 30 ans, musiciens qu’il commence à défendre à la radio à la RTBF et dans la presse avec le Melody Maker en 87, puis en parcourant le monde, son argentique sur l’épaule, de Londres en passant par la Suisse ou la République tchèque pendant une dizaine d’années.

Une fois rentré en France il contribue à la création des magasines Trax, Groove et Rock Sound, tout en multipliant les projets et les expositions. Ça se bouscule autour de Richard Bellia et ses photos deviennent aussi cultes que leurs sujets : Kurt Cobain, Joe Strummer, Iggy Pop, Beasty Boys et j’en passe. J’en passe, car l’intérêt n’est pas d’établir une longue liste qui ne défendrait que le côté prestigieux de son travail. Le plus intéressant et fondamental est de s’immerger dans ses photos, en jetant un œil  par exemple sur son excellent livre sorti fin 2007, « Un œil sur la musique« , une œuvre magistrale de 260 pages qui réunie 25 ans de passion photographique et musicale, deux kilos de trésors uniquement en argentique (« le numérique est une perte de temps »). Si cette perle reste épuisée pour le moment, vous pouvez néanmoins vous consoler avec le catalogue de l’exposition « Sex and Rock and Roll » ou faire un tour à la boutique The Yellowkorner à Lyon qui propose à la vente quelques une de ses photos en séries limitées !

Comme ses photos, le bonhomme est un authentique. Il tire ses clichés grand format lui-même au sein d’un studio dont il est propriétaire, contribue également au mouvement écolo en proposant le concept du tri sélectif dans les festivals et aborde pour carte de visite un éternel sourire communicatif partout où il passe. A l’origine, avec son ami vigneron Pierre Pitiot, de la fameuse cuvée Fucks@rkozy (un délicieux avatar du beaujolais), il dénonce par ce biais l’hypocrisie de l’actualité politique.
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Richard est un engagé parce qu’il est surtout un enragé de l’authenticité et de l’humilité. Un grand monsieur que vous pourrez retrouver le 18 janvier 2012 à l’occasion de ses cinquante ans au Transbordeur à Lyon, avec une exposition de la totalité de son travail et une scène musicale riche en surprises !

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Certaines choses ne changent ne changent jamais vraiment et il y a encore du kid de Bristol dans ce neuvième album du désormais parisien Tricky. Plus riche en atmosphères musicales et sans doute moins sombre que dans ses premiers opus, il n’en demeure pas moins que ce « Mixed Race » (jeu de mot entre race et course, Tricky arbore d’ailleurs un casque sur la pochette) garde l’essence du bonhomme même si celui-ci vient finalement assez rarement au micro pour laisser sa voix rauque et nonchalante envahir l’espace. Pour l’occasion, on retrouve celle qui l’accompagne sur scène depuis deux ans, Franky Riley, mais également une jolie galerie d’invités : Terry Lynn, Bobby Gillespie (Primal Scream), Hakim Hamadouche, Rachid Taha, BlackMan et Marlon Thaws (treizième des quatorze frères et sœurs de Tricky).

Le résultat est attractif, plutôt groovy (« Come To Me ») voire percutant (« UK Jamaican »), Tricky fait sien ce qui l’entoure allant jusqu’à piller certaines classiques pour en créer d’autres (« Murder Weapon », « Kingston Logic ») avec, malgré tout, certaines maladresses, on n’est pas boulimique sans conséquence… pourtant cet ange au visage sale sait faire oublier ses défauts pour (parfois/souvent) les sublimer.

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