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On ne présente plus le cinéaste Tim Burton, ce parfait héritier des surréalistes qui nous enchante par son univers largement influencé par Edgar Allan Poe. Son cinéma sans cesse revisité depuis « Pee-wee’s Big Adventure » et « Beetlejuice«  et plus récemment avec « Charlie et la Chocolaterie », « Big Fish » ou « Alice au Pays des merveilles » renverse régulièrement les codes cinématographiques et nous enchante par sa signature majestueusement onirique.

On oublie, par trop souvent, que ce conteur exceptionnel, ancien étudiant de la prestigieuse école de CalArt créée par Disney à Los Angeles, est aussi un graphiste et un photographe de génie. Vous serez donc sans doute étonné, à l’occasion de l’exposition qui ouvre demain à La Cinémathèque française et ce jusqu’au 5 août. Forte de son succès colossale aux États-Unis en 2010, cette grande présentation révèle aux spectateurs de véritables trésors : dessins, peintures, story-boards, maquettes, costumes, ainsi que des extraits de films super 8 et 16 millimètres de l’artiste. Vous passerez, comme par magie, dans l’envers du décor.

Il ne vous reste plus qu’à réserver vos billets en suivant le lapin blanc.
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Ses études de journalisme terminées à Utrecht, Erwin Olaf  se spécialise dans la photo de studio, de publicité et de mode, signant pour de grandes marques comme Nokia, Lewis ou Microsoft. Des marques de renom qu’il n’hésite pas à critiquer ouvertement dans sa série « Fashion Victims » faite en 2000, une série de photos chocs mettant en scène des modèles nus aux visages couverts par des sacs de marques exclusives comme Hugo Boss, Chanel, Armani, Gucci, YSL et Versace. Plusieurs fois récompensé pour son travail largement teinté d’humour noir et de provocation, Erwin Olaf est considéré comme l’un des artistes les plus innovants et controversés de sa génération. Fort d’une notoriété internationale et d’une carrière plus que riche et solide, ce photographe au travail cinglant et incisif est un véritable contre-pied aux références de l’art et à la sous-culture. Maniant les diverses stratégies de l’image pour dénoncer ses dérives commerciales, Olaf détourne les références, exploite les contraires et les contradictions dans une dérision plus qu’équivoque.

L’esprit suggestif et la volonté provocatrice d’Olaf se déclinent dans de nombreuses séries de photos mais aussi dans des vidéos, véritables bijoux visuels qui dissèquent un large panel de mouvements artistiques et de mœurs humaines :  la pornographie, la mode, les identités et les genres  sexuels, les minorités, le star système, la beauté, la laideur, les relations familiales, les différences et les attitudes culturelles établies. Dans une de ses dernières vidéos, « Séparation« ,  il analyse avec cynisme le quotidien familial et ses rôles bien définis par une société aseptisée et étroite. Toujours dans un soucis d’esthétisme extrêmement élégant et sophistiqué, le photographe reste néanmoins le grand signataire d’un satyrisme évident dispersé dans des séries d’images et de vidéos étranges, déroutantes ou mélancoliques, toujours sur ce fil qui sépare les tabous des conventions sociales.

Tout ces thèmes sont largement exploités dans un nombre important de séries photos et vidéos comme « Rain« , « Hope« , « Grief« , « Fall« , « Dawn« , « Dusk« , « Rouge » et « Hotel« , pour n’en citer qu’une poignée.  En outre, Olaf réalise aussi des clips, des documentaires et des courts métrages pour les enfants. Il a fait, entre autre, un certain nombre de clips vidéo d’artistes néerlandais, tel que Karin Bloemen et Paul de Leeuw.

Comme un pavé dans la marre, Olaf met un coup de pied dans la société. Et c’est lancé avec une élégance si impeccable que l’on ne peux que le suivre dans cet élan.

 

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Le thème Dead Line dont la série « Royal Blood » est exposée jusqu’en février 2012 à Berlin en ce moment même, au musée Heydt avec, entre autre, Jake et Dinos Chapman, Nick Cave et Nan Goldin. Vous pouvez également vous procurer les nombreux catalogues sur le site, dont le dernier et superbe « Vite Private« .

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Vue de l'exposition Fresh Hell, Palais de Tokyo, 2010

Mardi 19 Octobre 2010, le Palais de Tokyo nous conviait au vernissage de « Fresh Hell », carte blanche donnée à l’artiste Adam McEwen.  Lors de notre visite, Julien Fronsacq, commissaire d’expositions du Palais de Tokyo, a répondu à nos questions :

Quel est l’intérêt de la carte blanche par rapport aux expositions traditionnelles ? Peut-on parler d’un nouveau médium pour l’artiste ?
La singularité de la carte blanche est dans son nom : on invite un artiste à être commissaire d’exposition. Il va concevoir l’exposition : choisir une thématique, sélectionner des œuvres au gré de ses intuitions, de ses associations d’idées et associations formelles. L’inédit est dans la confrontation entre le rôle de l’artiste et celle du commissaire d’exposition. En arrivant au Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler souhaitait qu’une fois par an une carte blanche soit offerte à un artiste pour imaginer une exposition selon n’importe quel format. Tout est possible : montrer des œuvres, ne pas montrer d’œuvres, choisir une thématique plus précise ou tout à fait flou, etc.

Michael Landy, Market 1990

Pourquoi Adam McEwen ?
Chaque année on essaie de changer le format de l’invitation et de changer un peu de portrait d’artiste. Adam McEwen a selon moi deux spécificités : la première c’est qu’il est européen, d’origine écossaise, mais il a fait ses études aux Etats-Unis et vit là bas. Il a eu une formation universitaire relativement classique en Angleterre, une culture très littéraire qu’il oublie parfois mais ça se sent quand on parle avec lui, il a assimilé pas mal de choses très classiques, et puis ensuite il fait preuve d’une très grande curiosité pour les autres artistes, vous en parler en oubliant qu’il est lui-même un artiste. Il est discret quant à son propre travail. Enfin, il a déjà conçu des expositions en tant que commissaire à la Gagosian Gallery.

Sa venue s’inscrit dans la continuité ou en rupture avec les deux éditions précédentes (ndlr : Jeremy Deller et Ugo Rondinone) ?
Un peu des deux. Jeremy Deller est un artiste qui connaît bien Adam McEwen depuis longtemps. Il s’intéressait à la question de l’art mais, au-delà, à la question de la culture, de ses représentations et de son archivage. On dépassait donc très rapidement les catégories classiques de l’œuvre d’art. Ugo Rondinone et Adam McEwen ont le plaisir de créer des confrontations inédites entres des œuvres qui sont issues de périodes très différentes, ils se distinguent des méthodes qui sont celles des conservateurs de musées Ugo Rondinone avait déjà réalisé ce genre d’écarts dans les musées. On les a attaqués là-dessus. Ce genre de clash historique a déjà été mis en scène à Pompidou ou à la Tate au moment de son ouverture. La grande spécificité, c’est la façon de circonscrire les sujets, de créer des sections ou des récits entre les sections dans une seule exposition.

Jonathan Borofsky, You are not alone slow down there is no one to please but yourself 1975 1976 et Rob Pruitt, Esprit de corps 2006

Le thème de la carte blanche cette année est l’Histoire, comment toutes ses œuvres ont-elles été mises en perspective ?
De façon plus conceptuelle, il y a un scénario. Le cœur est la question de l’Histoire. Ça commence avec une sorte de poids de l’Histoire, du temps qui passe, mais aussi de la grande Histoire, l’Ancien Testament jusqu’à la Révolution française. La fin du parcours se fait avec l’histoire plus personnelle de l’artiste, la petite histoire, c’est-à-dire la façon dont un artiste travaille dans son atelier avec des métaphores. L’artiste cherche peut être à s’affranchir de l’histoire politique, de l’histoire de l’art pour retrouver une pratique parfois très personnelle et transcender cette surcharge historique.

Comment se déroule cette collaboration entre Adam McEwen, les artistes choisis pour cette carte blanche et vous ?
Nous sommes trois curateurs, relais avec les artistes et Adam McEwen, pour toutes les problématiques liées à la production de l’exposition mais aussi pour trouver le bon moyen d’expliciter le discours d’Adam McEwen. Il est comme un écrivain qui travaille sur son manuscrit et à un certain moment il faut arrêter le propos pour tenter de le clarifier. Nous sommes également un relais pour  tous les départements du Palais de Tokyo.

Agathe Snow, Wallpaper 2006

Est-il facile pour les artistes qui ont prêté leurs œuvres d’être plongés dans l’univers d’un autre artiste ?
Je pense que c’est très facile. Les œuvres ont été essentiellement prêtés par des prêteurs, des collectionneurs et des institutions, mais aussi par des artistes qu’Adam McEwen connaissait déjà. Il y a la complicité et la confiance qu’ont les artistes entre eux et qui est une confiance plus grande que celle qu’ils peuvent avoir avec l’institution.

Pouvez-vous nous parler d’une œuvre dans l’exposition qui vous a marqué ?
Il s’agit de « In the Hood » de David Hammons qui est une capuche de sweatshirt. C’est un jeu de mots parce que cette capuche est verte comme le vert des bois, des sapins, et qu’on pense immédiatement à Robin Hood, Robin des bois, mais « in the hood » c’est aussi en argot urbain aux Etats-Unis une expression qui permet de dire « dans le quartier », qui évoque évidemment la question de la communauté et l’argot des minorités afro-américaines. Cette façon de confronter le récit littéraire et l’imaginaire urbain, je la trouve assez belle.

Maurizio Cattelan, - 74.000.000 1996


L’exposition se tient au Palais de Tokyo du 19 octobre au 16 janvier 2010.

L’ensemble des photos présentées sont des vue de l’exposition Fresh Hell, Palais de Tokyo, 2010



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Communiqué de presse :
Cartographie du cerveau de l’artiste, de ses désirs, de ses influences, la carte blanche à un artiste est l’occasion d’aborder par un biais inédit les processus de création et de recoupements esthétiques. Après Ugo Rondinone en 2007 et Jeremy Deller en 2008, Adam McEwen (artiste britannique basé à New York) conçoit un projet exceptionnel et fait dialoguer la sculpture médiévale avec l’art conceptuel, un coffre-fort et une tentative de lévitation, des artistes oubliés et ceux bénéficiant déjà de la bénédiction de l’histoire. Face à cette histoire, justement : quelle position un artiste peut-il adopter aujourd’hui ? Tout a déjà été fait ? Tant mieux, on peut enfin commencer à travailler. L’exposition FRESH HELL plonge dans l’histoire, proche ou lointaine, mais n’opère pas à coup de sonde verticale. Elle brosse des mouvements latéraux et organiques, génère nombre de paradoxes et la fraîcheur qu’elle apporte est constamment balayée par le souffle des revenants.

avec : Bas Jan Ader, Barbara Bloom, Jonathan Borofsky, Angela Bulloch, Maurizio Cattelan, Anne Collier, Martin Creed, Gino De Dominicis, Walter De Maria, Jessica Diamond, Matias Faldbakken, Isa Genzken, Geert Goiris, Dan Graham, Philip Guston, Raymond Hains, David Hammons, Georg Herold, Martin Kippenberger, Michael Landy, Hanna & Klara Liden, Nate Lowman, Sarah Lucas, Ana Mendieta, Henri Michaux, Reinhard Mucha, Bruce Nauman & Frank Owen, Michelangelo Pistoletto, Rob Pruitt, Steven Shearer, Roman Signer, Agathe Snow, Rudolf Stingel, Rosemarie Trockel, Valie Export, H. C. Westermann, et des œuvres du Musée de Cluny – Musée National du Moyen Âge, Paris.

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