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Posts Tagged ‘David B.’

Profitons de ce dimanche pour sortir un peu de l’actualité (et peut-être pourrions-nous faire ça régulièrement…) et revenir sur l’un des classiques de la bande dessinée indépendante francophone : L’Ascension du Haut Mal de David B.

Parue en six tomes à L’Association entre 1996 et 2003, cette œuvre autobiographique raconte l’épilepsie de son frère et le combat, parfois désespéré, que mène sa famille pour tenter de le guérir, quitte à tomber entre les mains de quelques gourous et autres charlatans. Annoncé comme ça, cela peut effrayer… réaction du badaud confronté à l’inconnu. Pourtant il s’agit là de l’un des actes fondateurs de David B. comme auteur de bd. Elle pose sa patte, ses réflexions, ses obsessions, son style. Une maladie qui a façonné David B., l’a construit, comme elle détruisit petit à petit son frère.

David B. raconte alors cette enfance atypique, un regard sur sa famille (parents, grands-parents, fratrie, mythes), le deuil, les médecins et leur grande farandole, les fantaisistes de la macrobiotique (nous sommes en plein dans les années 70), du spiritisme, etc. mais également un vrai guérisseur. Et puis cette guerre qu’il mène contre ce Haut Mal, ces refuges dans l’imaginaire, ses fantômes protecteurs, batailles historiques dans des carnets en papier, un frère perdu entre l’enfance et une fascination pour les dictateurs, Hitler en tête, et qui s’abandonne dans sa maladie. Une passion pour la littérature aussi, l’histoire, les histoires et la sienne qui lui a valu en 2000, l’Alph’Art du meilleur scénario à Angoulême.

Pourtant l’image tient aussi une importance de tout premier plan, traduisant des émotions fortes dans une certaine naïveté d’expression. Une identité visuelle personnelle, entre rêve, histoire et réalité, que l’on retrouve depuis dans tous ses livres, la construction d’un imaginaire bordé de guerres (Les Olives Noirs), d’Orient, de mystiques et de sages (Les chasseurs de trésors), et dans lequel on se laisse facilement entraîner.

Moins connu que ses anciens collègues de l’Association (Joann Sfar, Marjane Satrapi, Riad Sattouf) dont la notoriété s’est faite notamment en s’acoquinant avec le 7ème art, il se dégage pourtant de l’œuvre de David B. une profondeur (mélancolique) qui leur fait souvent défaut. Sans doute faut-il y voir la trace du Haut Mal qui a fait de celui-ci un véritable conteur… un passeur d’histoires.

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