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Posts Tagged ‘Danemark’

Derrière le projet Inger se cachent la percussionniste suédoise Linda Edsjö et la chanteuse danoise Birgitte Lyregaard. Ce duo a eu un véritable coup de foudre pour l’écriture très musicale et structurée de la poétesse, romancière et essayiste, Inger Christensen (1935-2009) qui est considérée comme la plus grande écrivaine expérimentale danoise de sa génération. Une écriture pleine d’humour, de rythme, de sagesse et marquée par « les forces de la nature ». Un projet qui mêle compositions et improvisations aux textes de cet auteur, entre versions originales et traductions, faisant tomber les barrières entre musique des mots et celle des instruments donnant aux textes une saveur nouvelle. L’envie pour nous de rencontrer ses deux musiciennes scandinaves :
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L’enregistrement de cette vidéo a eu lieu au printemps 2011, avant donc le décès en juillet de Karl Ejby Poulsen, Directeur de la Fondation Danoise pendant 25 ans et traducteur de Inger Christensen.

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Linda Edsjö et Birgitte Lyregaard seront ces prochains jours dans diverses universités en Allemagne et en Suisse : Göttingen (14/11), Francfort (15/11), Bâle (21/11), Zurich(22/11), Fribourg (23/11). Elles travaillent également sur une création avec Jean-Jacques Birgé pour un évènement durant l’exposition L’Europe des Esprits au Musée d’Art Moderne de Strasbourg en janvier 2012, avant de se lancer dans l’enregistrement d’un album.

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Depuis 1992, Emergenza propose aux groupes émergents (d’abord en Italie, puis en France et, depuis, un peu partout sur le globe) de faire leurs armes sur de grandes scènes et tenter de décrocher la timbale de meilleur groupe de l’année, d’abord dans leur pays puis dans une grande finale internationale. Depuis quelques années, celle-ci se déroule en Allemagne, à Rothenburg ob der Tauber (petite ville fortifiée de la Renaissance), lors du Taubertal Festival.

Pour cette nouvelle édition, 18 groupes représentant 16 pays s’affrontaient sur trois jours dans ce qui pourrait s’apparenter à une version moins varièt’ de l’Eurovision, même si Japon, Australie et Canada faisaient aussi partie de l’aventure. 11 jurés, issus du monde de la musique (producteurs, managers, etc.) dont votre serviteur, répartis en deux panels, artistique et technique, avec pour objectif de désigner un grand lauréat et répartir divers prix à ces groupes prometteurs. Ou, pour ces derniers, comment convaincre en 30 minutes.

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Le Jury © Michael Herdlein

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La tendance avait déjà été pressentie à Paris, le rock n’est pas mort, bien au contraire. Sur les restes de Muse, Interpol et des Strokes, ravivés une première fois par Bloc Party, Arctic Monkeys puis ces derniers temps par des groupes comme Two Door Cinema Club, on retrouve majoritairement chez ces jeunes l’envie de faire danser sur des guitares bien tranchées et des rythmiques appuyées.

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Première journée

Si ce premier jour commence sans plus d’excitation, avec le blues rock de Professor Grabosky (Allemagne), le rock de Filthy Whisky (UK) ou la pop folk de Mathieu Neil (France), c’était sans compter sans la folie salvatrice des japonais de Struggle-Head, Emergence. Rock puissant et millimétré, légèrement métallisant, qui garde pourtant une évidente saveur pop que seuls nos amis nippons sont capables de pratiquer. Une chanteuse-guitariste au sourire communicateur malgré ses trois mots d’anglais, un bassiste bondissant, un guitariste aussi discret que virtuose sur son instrument et un batteur des plus percussifs font, pour moi de ce groupe, la claque de cette édition.
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S.H.E. © Michael Herdlein

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Difficile de monter sur scène ensuite. Pourtant le rythme ne retombe pas avec les danois de LSD on CIA. Un rock ultra-énergique qui célébre la rencontre d’Arctic Monkeys et de Queens of the Stone Age. La voix de Mikkel Konyher n’est pas sans évoquer les mutations d’un Matthew Bellamy (Muse) alors que sous son jeu de guitare laisse poindre une affection pour Sonic Youth. Le punch guerrier de Troels Dankert à la batterie et la fougue frustrée de Piotr Fronek, pour cause de cheville cassée, à la basse offrent à ce groupe une section rythmique des plus excitantes. Cette blessure, n’aura d’ailleurs pas empêché ce jeune garçon de montrer, même sur une chaise à roulettes, son efficacité puisqu’il récoltera le prix du meilleur bassiste.
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LSD on CIA © Michael Herdlein

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Dans une veine similaire et un peu plus musclée, les italiens de F.O.O.S font plutôt bonne figure et leur dernière place au classement général semble bien sévère. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les suisses de Rag Dolls savent comment écrire de bonnes chansons pop-rock, il est malheureusement dommage que celles-ci donnent toujours l’impression d’être celles d’un autre groupe. Un peu d’authenticité ne leur ferait pas de mal.
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Foos © Michael Herdlein

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Puis, un peu comme par magie, cette première journée se termine en forme de parenthèse, une respiration au milieu des guitares saturées. Les australiens de LeBelle investissent le plateau, trois garçons et une très jolie jeune fille longiligne dont la voix s’élève sur Taubertal comme un enchantement. Un timbre qui rappelle ceux de Tori Amos ou Kate Bush mais qu’on ne s’y trompe pas, même si l’ambiance est plus posée, il s’agit bien là encore de rock. Brent, Mitchell et Jay qui revendiquent dans leurs influences aussi bien Coldplay que Tool… ont une assurance de jeu qui fait plaisir à voir. Un joli moment, que nous vous proposons de découvrir le temps d’un clip, en attendant la suite de ce compte-rendu, dès demain !

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Nouveau single des danois de WhoMadeWho, tiré de leur mini-album, « Deep Knees », qui sort ces jours-ci en version digitale chez Kompakt, et dont la froideur et les larmes cachent également un humour bien de chez eux…

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« Ça parle surtout de gens normaux.
– Pas passionnant. Et qu’est-ce qu’ils font ?
– Ils boivent du café, ils discutent, par exemple.
– Eh ben dis donc !
Nous rions tous les deux.
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Helle Helle – Chienne de vie (Le Serpent à plumes)
Traduction du danois par Catherine Lise Dubost.

Drôle d’univers que celui où l’écrivain Helle Helle plonge son héroïne (et ses lecteurs) pour ce cinquième roman, le premier traduit en français : Chienne de vie.

Bente, la quarantaine, écrivain, arrive en bus au « bout du bout du Danemark », la valise à la main, quittant sa vie d’avant (mari, appartement…). Elle est recueillie par Johnny et Cocotte, jeune couple qui très rapidement l’adopte. Bente baisse alors sa garde pour découvrir ce coin du monde où tout le monde se connaît, où tout le monde a l’air si gentil… Rencontres entre individus autour des gestes simples d’une vie quotidienne en terre isolée, enneigée, comme un dimanche sans fin.

Bente donne souvent l’impression de suivre le mouvement, comme si elle était en observation dans l’une de ses propres histoires. Vivre l’une d’elle de l’intérieur. Elle agît pourtant sur la vie de tous… mais ne corrige pas pour autant les éléments qu’elle peut dérégler, les erreurs qu’elle peut commettre, comme si finalement, cela n’arrivait pas, comme une mauvaise idée de roman : on efface et on recommence.

Helle Helle (n’est-elle finalement pas Bente… ou l’inverse ?) fait de la recherche sur ses personnages, sur les relations humaines. En forçant les gens à vivre ensemble, en les isolant du monde (village, tempête de neige…), elle analyse comment chacun finalement est capable d’agir, de réagir face aux autres, face aux événements de la vie.

Il ne s’y passe pas grand chose dans cette Chienne de vie et pourtant tout s’y passe.

A suivre un entretien avec Helle Helle.

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