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Il est parfois des choses étranges dans le monde du disque. Alors que leur précédent album avait plutôt bien marché sur notre territoire, il aura fallu attendre plus d’un an pour que le nouvel opus de Karkwa, « Les Chemins de Verre », meilleur album de l’année au Canada, traverse l’Atlantique et sorte enfin en France. Enregistré à La-Frette-sur-Seine (Val d’Oise) dans un manoir du XIXe siècle, ce quatrième album séduit par une ambiance toujours planante, comme si tout se passait en apesanteur, pas très loin de chez Arcade Fire, dans des compositions délicates et mélodiques qui préfèrent les chemins de traverse. Jamais très évident lorsque la chose se passe en français et pourtant… Pourtant ? Ils ont décroché le mois dernier le prix Polaris décerné par les journalistes canadiens, au nez et à la barbe des anglo-saxons (notamment The Besnard Lakes, Broken Social Scene ou Caribou) lauréats des éditions précédentes.

Un bel album à découvrir…
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Après être passés cette semaine par Strasbourg, Lyon, Besançon et Évreux, on les retrouvera prochainement un peu partout en Europe  et près de chez vous :

26/10 – Caen (Le BBC)
27/10 – Vendôme (Le Minotaure / Festival des Rockomotives)
03/11 – Paris (Le Divan du Monde / Festival Les Inrocks Black XS)
09/11 – Genève (L’Usine)
11/11 – Liège (Le Tipi)
12/11 – Bruxelles (Le Botanique)

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Deuxième journée

Il ne fallait pas être en retard, car tout a commencé sur les chapeaux de roues. Trois italiens et un bassiste d’origine coréenne représentants… la Suède car vivant à Göteborg. Un phénomène qui illustre d’ailleurs assez bien l’esprit Emergenza. Un rassemblement d’amoureux de la musique, musiciens et professionnels, presque une famille qui évolue bien loin de l’esprit de chapelle que l’on rencontre si souvent, ici et là. Enfin bref…

Emmecosta pratique un rock aux structures alambiquées, une musique cérébrale qui garde pourtant une véritable spontanéité. A l’instar de groupes comme Radiohead, Muse ou Coldplay (j’ai bien conscience que le fait de mettre ces deux derniers groupes avec le précédent fera bondir les puristes…) ou du chanteur italien des années 70, Lucio Battisti (référence clairement revendiquée), on sent vibrer chez ces jeunes garçons l’amour des mélodies finement ciselées et le désir de sortir des sentiers battus. Pour simple exemple les circonvolutions, chargées de delay, du guitariste Alfonso Fusco qui feront tourner bien plus d’une tête. Vous l’aurez compris, Emmecosta fait partie de mes coups de cœur de cette édition.
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Emmecosta © Michael Herdlein

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La suite marque clairement un creux dans cette journée. Si les irlandais de Kerouac réaliseront la prestation la plus musclée de ce festival, l’ensemble reste malheureusement assez linéaire. On est pourtant encore bien loin de l’ennui que l’on éprouvera à l’écoute des allemands de Café Jazz et leur fusion jamiroquailleuse dans une version teutonne… qui plaira néanmoins à une partie du public. Les biélorusses du No Comment Band séduiront par le charme et le décalage très 80’s de leurs chansons, quand
Cours Toujours (Canada) en acoustique aura du mal à se tirer du piège de la scène en pleine air, enchaînant les approximations. Le jury technique remarquera néanmoins le talent de Laurianne Vézina, prix de la meilleure chanteuse.

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Aaron Gaffey / Kerouac © Michael Herdlein

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Mais cette deuxième journée allait se terminer par un tout autre niveau. Tout d’abord avec les toulousains de Ruby Cube qui malgré leurs seize ans enchaînent les tubes avec une insolence déconcertante. Dans la droite lignée de Two Door Cinema Club, et sans avoir à rougir de cette comparaison, leur rock à danser en fait se trémousser plus d’un dans la terre boueuse de Taubertal, récoltant l’approbation aussi bien d’un public enthousiaste que du jury (3e place et meilleur guitariste). On attend avec impatience un premier enregistrement digne de ce nom; ne les ratez pas, en tout cas, sur scène si vous en avez la possibilité !!!

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Ruby Cube, rois de la moustache © Michael Herdlein

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Une dernière journée qui se termine en fanfare avec Envy, non pas le groupe de screamo japonais qui sera de retour en France le 21 octobre prochain à la Maroquinerie, mais un collectif de hip-hop norvégien de dix musiciens et chanteurs. Tout juste signé par Universal dans son pays, on voit bien que le groupe ne joue pas dans la même catégorie. Professionnels dans un set réglé comme du papier à musique, techniquement souvent impeccable, flows assurés, on regrettera malgré tout un manque d’originalité et l’absence de prise de risque. C’est propre mais ça ne fait pas avancer grand chose. Le jury sera pourtant convaincu du contraire le déclarant grand vainqueur de cette édition…

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Envy (Norvège) © Michael Herdlein

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Troisième journée.

Ce dernier jour ne changera rien au classement final déjà fortement pressenti. Le temps est superbe et fait oublier les caprices des jours précédents. Les slovaques de Downhill savent sans conteste s’accommoder d’une scène de taille conséquente, dans un rock plutôt testostéroné, qui flirte avec le métal. Malheureusement cela ressemble surtout à de la gonflette pour le moment, mais le groupe pourrait bien faire mal en affinant son songwriting. Des défauts également pour les espagnols de Cyrene qui, malgré l’efficacité de leur power rock et leurs belles gueules, avaient l’air un peu absent sur la scène. Les néerlandais de Knucklesoffrisco terminent enfin ce tour du monde musical par un set tout à fait correct, empochant le prix du deuxième meilleur guitariste.

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Adrià Marva / Cyrene © Michael Herdlein

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Au final, une remise des prix plutôt enjouée, même si saluée par des trombes d’eau (les fameuses giboulées du week-end du 15 août…) et quelques vraies belles rencontres : Ruby Cube, S.H.E. ainsi que LSD on CIA, Emmecosta et LeBelle que l’on retrouve dans cette série d’interviews réalisées backstage par l’équipe d’Emergenza…

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Voici enfin mon classement (assumé !) comme membre du jury principal :
rang            points            nom                                         pays
01 (04*)      63                  S.H.E.                                       Japon
02 (03)        59 (49**)       RUBY CUBE                              France
03 (06)        52                  EMMECOSTA                             Suède
04 (02)        50                  LSD ON CIA                              Danemark
05 (01)        46                  ENVY                                        Norvège
06 (05)        44                  LEBELLE                                   Australie
07 (10)        42                  NO COMMENT BAND                 Biélorussie
08 (12)        38                  FILTHY WHISKY                         UK
09 (18)        36                  FOOS                                        Italie
10 (16)        34                  PROFESSOR GRABOWSKI         Allemagne
11 (09)        32                  RAG DOLLS                               Suisse
12 (13)        30                  MATHIEU NEIL                          France
12 (15)        30                  KEROUAC                                 Irlande
14 (11)        28                  DOWNHILL                               Slovaquie
14 (14)        28                  KNUCKLESOFFRISCO                Pays-Bas
16 (17)        26                  CYRENE                                    Espagne
16 (07)        26                  CAFE JAZZ                                Allemagne
18 (08)        20                  COURS TOUJOURS                   Canada
* classement général final
** résultat officialisé…

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Pour finir notre semaine consacrée à la maison d’édition montréalaise, Les Allusifs, entretien avec Brigitte Bouchard, sa fondatrice et directrice :
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Les Allusifs fêtent cette année leurs dix ans. Cela semblait finalement avec le recul une assez bonne idée… Pourquoi se lancer à l’époque dans une telle aventure ?
Parce que je suis curieuse, aventurière et au moment de la création insouciante ! J’étais motivée à publier des œuvres littéraires du monde entier et depuis j’ai élaboré un catalogue de près de cent vingt titres, soixante-dix auteurs, de plus d’une douzaine de langues. Ça reste au quotidien une lutte permanente pour continuer ce projet mais c’est toujours aussi passionnant qu’au début. Publication après publication.

Qu’est-ce qui fait aujourd’hui l’identité des Allusifs ?
Je suis totalement en phase avec le projet de départ : des écritures fortes aux services des histoires. Je suis fascinée par les voix singulières que la richesse n’a d’égale que la multitude des horizons qu’elles donnent à lire.

Le format court est l’un de vos principes. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?
Au départ, je voulais piocher dans le vivier mondial  et trouver des auteurs qui ont écrit des romans courts, tels que Kawabata, Berberova, etc. Bref avec une écriture qui va à l’essentiel. C’est comme ça que j’ai découvert, il y a dix ans, le roman Amuleto de Roberto Bolano que j’ai publié en 2002. Ça m’a permis de découvrir des auteurs exceptionnels qui n’avaient jamais été publiés en France. Évidemment, j’ai dû mal à laisser partir mes auteurs s’ils écrivent un roman volumineux. Je les publie et ça devient des romans abusifs aux Allusifs ! Peu importe, l’important c’est la qualité du texte.

Vos auteurs ont des identités très fortes, humainement et littérairement. Cette identité est aussi importante que l’histoire qui est racontée ?
Cette identité fait partie intrinsèque de leur création et laisse une large place à la culture qui définit leurs valeurs humaines.

Quel auteur de votre catalogue est pour vous emblématique du travail de votre maison ?
Sylvain Trudel, Horacio Castellanos Moya, Svetislav Basara, Heloneida Studart. Je vais finir par tous les nommer ! (rires)

Votre catalogue a une partie internationale importante. Une manière de s’ouvrir sur le monde ?
Oui et de s’y fondre. Toutes ces voix insolites entremêlent des cultures et donnent des pistes de compréhension aux enjeux majeurs de notre société. Une série de variations qui offrent un regard sur notre époque, nos attitudes, notre environnement.

Même en ayant cette ligne de conduite. Y a-t-il des lectures qui vous ont vraiment surprises ?
Les lectures des auteurs serbes m’ont transformée tels que Svetislav Basara, Goran Petrovic, Vladan Matijevic. Ils prennent tous les risques et ne cèdent devant rien. Ils ont leur propre projet.

Versant visuel, 3/4 Polar, aujourd’hui Les Peurs. Pourquoi multiplier les collections ?
Pour mieux apprivoiser notre monde dans lequel on vit. Ça devient des enjeux stimulants même si, à chaque fois, il y a un risque de se perdre. Ce n’est pas pour autant une évasion mais plutôt une résistance, un défi à une époque qui manque de tolérance.

Pouvez-vous nous présenter cette dernière collection ?
La peur, c’est un thème qui me trotte dans la tête depuis des lustres car je trouve que nous sommes habités par toutes sortes de peurs et que la société les alimente en boucle. Au départ, je voulais publier un collectif et ce n’était pas si simple que tel auteur accepte de cohabiter avec tel autre. Pour autant, je ne voulais pas me débarrasser de ce thème et j’ai continué à vibrer avec cette idée en tête. C’est devenu ainsi une collection sur LES PEURS : un auteur, une peur, un livre. Le sujet m’apparaît encore plus porteur avec notre époque. L’effet de perspective joue aussi dû à l’importance des médias. Les livres seront de petit format, d’une centaine de pages. La collection commence avec un texte de  Pierre Jourde : La Présence qui traite de la peur des maisons vides ou plus largement la peur du vide et Daniel Bélanger, un auteur-compositeur interprète très connu au Québec signe Auto-Stop qui traite de la peur d’exister. Tous les sujets sont possibles : la mélancolie, l’humiliation, la violence, la perte, l’abandon, l’amertume, la vengeance, la douleur, la drôlerie, le cynisme, l’amour… ; peut être présenté sous la forme d’un essai, d’un récit, d’une discussion… La littérature nourrit une réflexion sur le topo et l’auteur choisit son mode d’écriture. Des personnalités de différents domaines artistiques écriront dans cette série.

Quels sont les prochains projets des Allusifs ? Vos prochaines sorties ?
Bizango
, un texte d’un auteur québécois, d’origine haïtienne dans la collection ¾ Polar. Un thriller intriguant qui tient à la fois du polar, du fantastique et de l’étude de mœurs, nourri en filigrane par la suite des méditations du romancier Stanley Péan sur les thèmes de l’identité et de l’altérité, de l’appartenance culturelle, du poids du regard de l’Autre et de l’intégration des immigrants à nos sociétés contemporaines.

Une dernière chose à ajouter ?
Soyez curieux !

 

Voir aussi :
Critique de Amour d’Hanne Ørstavik (x)
Entretien avec Hanne Ørstavik, auteure norvégienne (x)
Entretien avec Aude Samarut, attachée de presse des Allusifs  (x)

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Maison d’édition québécoise fondée en 2001 par Brigitte Bouchard, Les Allusifs proposent un catalogue de 80 romans courts où chaque auteur, voix singulière du monde littéraire, pose un regard différent sur son monde… sur le monde. Rencontre avec Aude Samarut, attachée de presse des Allusifs,  lors de la dernière édition du Salon du Livre.

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Parutions 2011 :
Daniel Bélanger, Auto-Stop (parution prévue le 6 mai)
Stanley Péan, Bizango (coll. 3/4 polar) (parution prévue le 29 avril)
Pierre Jourde, La Présence (coll. Les Peurs)
Hanne Ørstavik, Amour (traduction du norvégien par Céline Romand-Monnier)
Mavis Gallant, L’Idée de Speck (traduit de l’anglais par Pierre-Edmond Robert)

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Louis Bouvier est un artiste montréalais dont le travail se base essentiellement sur le détournement d’images, souvent tirées de magazines des années 1950’s à 1980’s.

Un imaginaire pop, frais et coloré, entre dessin, peinture, impression et superposition; des créations qui, comme un hommage décalé, transforment une imagerie populaire pour en faire une œuvre originale.

Un travail sur la mémoire, une manière de faire revivre un passé pas si éloigné et qui pourtant tombe progressivement dans l’oubli. Bel exemple avec cette série sur les joueurs de baseball des Expos de Montréal, équipe professionnel de 1969 à 2004 dont la franchise a été transféré à Washington DC, et qui a laissé un vide certain dans la vie d’un quartier, d’une ville…

Cette série est présentée avec d’autres travaux du 16 septembre au 17 octobre 2010 au Pied de Biche, 86 rue de Charonne à Paris (11ème) et Louis Bouvier nous a fait le plaisir il y a quelques jours de nous parler de son travail.

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