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Archive for the ‘Littérature’ Category

Pour sa nouvelle mise en scène, Laurent Bazin s’est attaqué à un monument du théâtre classique : Britannicus de Jean Racine. Dans ses plans rapprochés, Bazin raconte l’accession au pouvoir de Néron, entre désir d’émancipation et dépendance à la mère (Agrippine), dans une adaptation qui fait la part belle à l’image et au son, démontrant ainsi que l’alexandrin garde encore de nos jours une force redoutable, d’autant plus lorsque les comédiens y font honneur.

La dernière se déroule ce soir à La Loge. Mais en attendant une reprise très prochaine, nous vous invitons à plonger dans cette pièce, le temps de quelques plans (très) rapprochés.

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BRITANNICUS, PLANS RAPPROCHÉS par la Cie Mesden
D’après l’œuvre de Jean Racine
Mise en scène : Laurent Bazin
Avec Émilie Blon Metzinger, Adelaïde Bon, Damien Houssier,
Fréderic Jeannot et Céline Toutain
Assistante à la mise en scène : Céline Clergé
Accessoires : Manon Choserot
Scénographie : Bérengère Naulot
Costumes : Gwladys Duthil
Son : Alicya Karsenti
Lumière : Alice Versieux
Photographie : Svend Andersen
Graphisme : Gabriel Quillacq

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Nouvel présentation d’un éditeur rencontré dans le cadre du dernier Salon du Livre : Finitude. Cette maison d’édition de fait, car jamais officiellement créée, sévit malgré tout depuis 2002 autour d’une librairie ancienne de la région bordelaise et approche tranquillement d’une première centaine de parutions. Rencontre avec Thierry Boizet.

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Parutions 2011 :
Raphaël Sorin, Les Terribles (parution prévue le 19 mai)
Capharnaüm
(revue) – n°2 (parution prévue le 19 mai)
Alfred Eibel, De passage à Paris (paru le 15 avril)
Julio Ramon Ribeyro, Proses apatrides
Emmanuelle Pol, L’Atelier de la chair
Jossot, Le fœtus récalcitrant
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Et pour poursuivre :
La Bibliothèque Forney (1 rue du figuier – 75004 Paris) accueille jusqu’au 18 juin, la première rétrospective consacrée à Jossot, génie de la caricature de la Belle Époque, notamment dans L’Assiette au Beurre. Portrait et diaporamas sonores plongent le visiteur dans l’œuvre de cet artiste inclassable.
Horaires : du mardi au samedi de 13h à 19h.

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« Ça parle surtout de gens normaux.
– Pas passionnant. Et qu’est-ce qu’ils font ?
– Ils boivent du café, ils discutent, par exemple.
– Eh ben dis donc !
Nous rions tous les deux.
»
Helle Helle – Chienne de vie (Le Serpent à plumes)
Traduction du danois par Catherine Lise Dubost.

Drôle d’univers que celui où l’écrivain Helle Helle plonge son héroïne (et ses lecteurs) pour ce cinquième roman, le premier traduit en français : Chienne de vie.

Bente, la quarantaine, écrivain, arrive en bus au « bout du bout du Danemark », la valise à la main, quittant sa vie d’avant (mari, appartement…). Elle est recueillie par Johnny et Cocotte, jeune couple qui très rapidement l’adopte. Bente baisse alors sa garde pour découvrir ce coin du monde où tout le monde se connaît, où tout le monde a l’air si gentil… Rencontres entre individus autour des gestes simples d’une vie quotidienne en terre isolée, enneigée, comme un dimanche sans fin.

Bente donne souvent l’impression de suivre le mouvement, comme si elle était en observation dans l’une de ses propres histoires. Vivre l’une d’elle de l’intérieur. Elle agît pourtant sur la vie de tous… mais ne corrige pas pour autant les éléments qu’elle peut dérégler, les erreurs qu’elle peut commettre, comme si finalement, cela n’arrivait pas, comme une mauvaise idée de roman : on efface et on recommence.

Helle Helle (n’est-elle finalement pas Bente… ou l’inverse ?) fait de la recherche sur ses personnages, sur les relations humaines. En forçant les gens à vivre ensemble, en les isolant du monde (village, tempête de neige…), elle analyse comment chacun finalement est capable d’agir, de réagir face aux autres, face aux événements de la vie.

Il ne s’y passe pas grand chose dans cette Chienne de vie et pourtant tout s’y passe.

A suivre un entretien avec Helle Helle.

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Poursuivant notre périple au dernier Salon du Livre (voir l’introduction en vidéo), nous voici avec les Éditions de l’Arbre vengeur et David Vincent, l’un de ses maîtres à penser, pour une petite présentation de cette maison, insolite et insolente.

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Parutions 2011 :
Algernon Blackwood, L’Homme que les arbres aimaient
Marie NDiaye, Y penser sans cesse
Alain Gnaedig, L’Homme armé
Louis-Timagène Houat, Les Marrons
Rafael Pinedo, Plop
Éric Chevillard, L’Autofictif père et fils

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Pour finir notre semaine consacrée à la maison d’édition montréalaise, Les Allusifs, entretien avec Brigitte Bouchard, sa fondatrice et directrice :
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Les Allusifs fêtent cette année leurs dix ans. Cela semblait finalement avec le recul une assez bonne idée… Pourquoi se lancer à l’époque dans une telle aventure ?
Parce que je suis curieuse, aventurière et au moment de la création insouciante ! J’étais motivée à publier des œuvres littéraires du monde entier et depuis j’ai élaboré un catalogue de près de cent vingt titres, soixante-dix auteurs, de plus d’une douzaine de langues. Ça reste au quotidien une lutte permanente pour continuer ce projet mais c’est toujours aussi passionnant qu’au début. Publication après publication.

Qu’est-ce qui fait aujourd’hui l’identité des Allusifs ?
Je suis totalement en phase avec le projet de départ : des écritures fortes aux services des histoires. Je suis fascinée par les voix singulières que la richesse n’a d’égale que la multitude des horizons qu’elles donnent à lire.

Le format court est l’un de vos principes. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?
Au départ, je voulais piocher dans le vivier mondial  et trouver des auteurs qui ont écrit des romans courts, tels que Kawabata, Berberova, etc. Bref avec une écriture qui va à l’essentiel. C’est comme ça que j’ai découvert, il y a dix ans, le roman Amuleto de Roberto Bolano que j’ai publié en 2002. Ça m’a permis de découvrir des auteurs exceptionnels qui n’avaient jamais été publiés en France. Évidemment, j’ai dû mal à laisser partir mes auteurs s’ils écrivent un roman volumineux. Je les publie et ça devient des romans abusifs aux Allusifs ! Peu importe, l’important c’est la qualité du texte.

Vos auteurs ont des identités très fortes, humainement et littérairement. Cette identité est aussi importante que l’histoire qui est racontée ?
Cette identité fait partie intrinsèque de leur création et laisse une large place à la culture qui définit leurs valeurs humaines.

Quel auteur de votre catalogue est pour vous emblématique du travail de votre maison ?
Sylvain Trudel, Horacio Castellanos Moya, Svetislav Basara, Heloneida Studart. Je vais finir par tous les nommer ! (rires)

Votre catalogue a une partie internationale importante. Une manière de s’ouvrir sur le monde ?
Oui et de s’y fondre. Toutes ces voix insolites entremêlent des cultures et donnent des pistes de compréhension aux enjeux majeurs de notre société. Une série de variations qui offrent un regard sur notre époque, nos attitudes, notre environnement.

Même en ayant cette ligne de conduite. Y a-t-il des lectures qui vous ont vraiment surprises ?
Les lectures des auteurs serbes m’ont transformée tels que Svetislav Basara, Goran Petrovic, Vladan Matijevic. Ils prennent tous les risques et ne cèdent devant rien. Ils ont leur propre projet.

Versant visuel, 3/4 Polar, aujourd’hui Les Peurs. Pourquoi multiplier les collections ?
Pour mieux apprivoiser notre monde dans lequel on vit. Ça devient des enjeux stimulants même si, à chaque fois, il y a un risque de se perdre. Ce n’est pas pour autant une évasion mais plutôt une résistance, un défi à une époque qui manque de tolérance.

Pouvez-vous nous présenter cette dernière collection ?
La peur, c’est un thème qui me trotte dans la tête depuis des lustres car je trouve que nous sommes habités par toutes sortes de peurs et que la société les alimente en boucle. Au départ, je voulais publier un collectif et ce n’était pas si simple que tel auteur accepte de cohabiter avec tel autre. Pour autant, je ne voulais pas me débarrasser de ce thème et j’ai continué à vibrer avec cette idée en tête. C’est devenu ainsi une collection sur LES PEURS : un auteur, une peur, un livre. Le sujet m’apparaît encore plus porteur avec notre époque. L’effet de perspective joue aussi dû à l’importance des médias. Les livres seront de petit format, d’une centaine de pages. La collection commence avec un texte de  Pierre Jourde : La Présence qui traite de la peur des maisons vides ou plus largement la peur du vide et Daniel Bélanger, un auteur-compositeur interprète très connu au Québec signe Auto-Stop qui traite de la peur d’exister. Tous les sujets sont possibles : la mélancolie, l’humiliation, la violence, la perte, l’abandon, l’amertume, la vengeance, la douleur, la drôlerie, le cynisme, l’amour… ; peut être présenté sous la forme d’un essai, d’un récit, d’une discussion… La littérature nourrit une réflexion sur le topo et l’auteur choisit son mode d’écriture. Des personnalités de différents domaines artistiques écriront dans cette série.

Quels sont les prochains projets des Allusifs ? Vos prochaines sorties ?
Bizango
, un texte d’un auteur québécois, d’origine haïtienne dans la collection ¾ Polar. Un thriller intriguant qui tient à la fois du polar, du fantastique et de l’étude de mœurs, nourri en filigrane par la suite des méditations du romancier Stanley Péan sur les thèmes de l’identité et de l’altérité, de l’appartenance culturelle, du poids du regard de l’Autre et de l’intégration des immigrants à nos sociétés contemporaines.

Une dernière chose à ajouter ?
Soyez curieux !

 

Voir aussi :
Critique de Amour d’Hanne Ørstavik (x)
Entretien avec Hanne Ørstavik, auteure norvégienne (x)
Entretien avec Aude Samarut, attachée de presse des Allusifs  (x)

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Sans crier gare, Hanne Ørstavik est devenue il y a une dizaine d’années avec Amour l’une des grandes dames de la littérature norvégienne, séduisant par son exigence dans les mots… et les silences. A l’occasion de la sortie de ce roman dans nos contrées aux Allusifs (lire la chronique), nous avons pu nous entretenir avec elle, en français, lors de son passage au Salon du Livre.

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Bibliographie en français

Amour (Les Allusifs – 2011)
Rien que l’Arctique (6 pieds sous terre Editions – 2008) avec Pierre Duba
La Pasteure (Les Allusifs – 2008)
Un amour sous clef (Le Reflet – 2000)

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Comment montre-t-on son amour ? Est-ce que le fait de dire je t’aime signifie encore quelque chose ou est-ce un mot devenu vide de sens ?

Vibeke et son fils Jon, vivent à l’extérieure d’une petite ville du nord de la Norvège, près d’un bois. Jon aura neuf ans demain et l’on peut suivre alors les « aventures » des deux protagonistes durant cette veille d’anniversaire. Jon laisse sa mère préparer la surprise, espérant avoir un train en cadeau, et sort vendre des billets de loterie puis jouer un peu dehors. Vibeke, loin de penser à cet évènement, passe sa journée à prendre soin d’elle,  oubliant peu à peu son fils… ou s’imaginant qu’il est en sécurité et, allant à la bibliothèque, elle se laisse attirer par la fête foraine, les forains, hommes d’un soir…

L’écriture joue sur la simultanéité : d’un paragraphe à l’autre on passe de la mère au fils, et inversement, demandant une attention toute particulière du lecteur. Une écriture qui joue également sur l’angoisse. Hanne Ørstavik manipule le potentiel dangereux des situations dans lesquelles elle nous entraîne, situations où toutes les conditions sont réunies pour que l’histoire dérape… Travail sur la peur. Jon, volubile, fait très souvent confiance aux inconnus (un vieux monsieur, une jeune fille de son école, le monsieur dans la voiture…) suivant les conseils de sa mère : « tout le monde  a un bon fond. »

La tragédie frappe toujours à la porte et certains voudraient sans doute que l’on parle de Vibeke comme d’une mère indigne, délaissant son enfant. Il s’agit peut-être simplement d’une mère célibataire qui, le temps d’une soirée, cherche à se retrouver elle-même, pensant que sa progéniture dort tranquillement à la maison…

Paru, il y a sept ans en Norvège, ce roman est devenu un incontournable, étudié en université, classé à la sixième place par le quotidien Dagbladet des romans les plus importants de ces 25 dernières années. Des évènements qui finalement tranchent assez avec l’atmosphère générale de ce roman, fait de silences, de temps suspendus, de sons étouffés et où un terrain de jeu enneigé, et la nuit, pourrait se révéler plein de dangers.

A suivre prochainement, un entretien avec Hanne Ørstavik.

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Maison d’édition québécoise fondée en 2001 par Brigitte Bouchard, Les Allusifs proposent un catalogue de 80 romans courts où chaque auteur, voix singulière du monde littéraire, pose un regard différent sur son monde… sur le monde. Rencontre avec Aude Samarut, attachée de presse des Allusifs,  lors de la dernière édition du Salon du Livre.

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Parutions 2011 :
Daniel Bélanger, Auto-Stop (parution prévue le 6 mai)
Stanley Péan, Bizango (coll. 3/4 polar) (parution prévue le 29 avril)
Pierre Jourde, La Présence (coll. Les Peurs)
Hanne Ørstavik, Amour (traduction du norvégien par Céline Romand-Monnier)
Mavis Gallant, L’Idée de Speck (traduit de l’anglais par Pierre-Edmond Robert)

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Profitons de ce dimanche pour sortir un peu de l’actualité (et peut-être pourrions-nous faire ça régulièrement…) et revenir sur l’un des classiques de la bande dessinée indépendante francophone : L’Ascension du Haut Mal de David B.

Parue en six tomes à L’Association entre 1996 et 2003, cette œuvre autobiographique raconte l’épilepsie de son frère et le combat, parfois désespéré, que mène sa famille pour tenter de le guérir, quitte à tomber entre les mains de quelques gourous et autres charlatans. Annoncé comme ça, cela peut effrayer… réaction du badaud confronté à l’inconnu. Pourtant il s’agit là de l’un des actes fondateurs de David B. comme auteur de bd. Elle pose sa patte, ses réflexions, ses obsessions, son style. Une maladie qui a façonné David B., l’a construit, comme elle détruisit petit à petit son frère.

David B. raconte alors cette enfance atypique, un regard sur sa famille (parents, grands-parents, fratrie, mythes), le deuil, les médecins et leur grande farandole, les fantaisistes de la macrobiotique (nous sommes en plein dans les années 70), du spiritisme, etc. mais également un vrai guérisseur. Et puis cette guerre qu’il mène contre ce Haut Mal, ces refuges dans l’imaginaire, ses fantômes protecteurs, batailles historiques dans des carnets en papier, un frère perdu entre l’enfance et une fascination pour les dictateurs, Hitler en tête, et qui s’abandonne dans sa maladie. Une passion pour la littérature aussi, l’histoire, les histoires et la sienne qui lui a valu en 2000, l’Alph’Art du meilleur scénario à Angoulême.

Pourtant l’image tient aussi une importance de tout premier plan, traduisant des émotions fortes dans une certaine naïveté d’expression. Une identité visuelle personnelle, entre rêve, histoire et réalité, que l’on retrouve depuis dans tous ses livres, la construction d’un imaginaire bordé de guerres (Les Olives Noirs), d’Orient, de mystiques et de sages (Les chasseurs de trésors), et dans lequel on se laisse facilement entraîner.

Moins connu que ses anciens collègues de l’Association (Joann Sfar, Marjane Satrapi, Riad Sattouf) dont la notoriété s’est faite notamment en s’acoquinant avec le 7ème art, il se dégage pourtant de l’œuvre de David B. une profondeur (mélancolique) qui leur fait souvent défaut. Sans doute faut-il y voir la trace du Haut Mal qui a fait de celui-ci un véritable conteur… un passeur d’histoires.

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Après quelques problèmes de montage, voilà enfin notre balade au Salon du Livre, dont l’édition 2011 s’est déroulée du 18 au 21 mars dernier. Vidéo d’introduction avant une petite série de portraits d’auteurs et de maisons d’édition qui ponctueront tout le mois d’avril.

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