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Archive for the ‘Bande dessinée’ Category

Aujourd’hui sortait dans les salles Le Chat du Rabbin, adaptation de la bande dessinée qui a révélé Johann Sfar au grand public (900 000 exemplaires vendus). Celui-ci, en compagnie d’Antoine Delesvaux (sur la réalisation), sa compagne Sandrina Jardel (sur le scénario) et une équipe de 170 personnes, a passé quatre années pour que son dessin prenne finalement vie à l’écran.

Dans l’Alger des années 1920, le rabbin Sfar vit avec sa fille, Zlabya, et son chat qui se met à parler après avoir (on suppose et malgré ses démentis) avalé le perroquet de la maison. Le félin parle alors religion avec son maître et en vient à vouloir faire sa bar-mitsva, alors que sa croyance en Dieu est extrêmement relative…

Débarrassons-nous tout de suite de la 3D qui n’apporte strictement rien, si ce n’est pour son distributeur un réseau de diffusion sans doute un peu plus important… mais l’esthétique simple, voire un peu naïve, du trait a un charme réel qui ne gagne rien à ces effets de modernité.

A relecture, l’adaptation est plutôt très fidèle. On regrettera certains décalages bulles/images qui rendaient assez savoureuse la bande-dessinée, tout comme l’image figée donnait quelques instantanés très amusants dans les expressions des personnages, des animaux, qui conservaient dans la caricature, un côté très humain… très félin.

L’humour est souvent assez potache et c’est un problème finalement assez récurent chez Sfar qui est capable à la fois d’une grande subtilité et dans le même temps d’une certaine balourdise. Ce qui n’empêche pas de savoureux moments comme lorsque le chat fait croire à un rabbin qu’il est dieu incarné ou cette rencontre au Congo avec un journaliste belge raciste et son petit chien blanc qui prennent nos héros pour des sous-développés profonds…

Côté doublage, François Morel (Le Chat) est très Morel… sans doute arrivent-on à saturation dans le cabotinage. Quant à Hafsia Herzi, elle fait de Zlabya, une jeune fille assez irritante et immature. Chose qu’on n’imaginait pas forcément dans la version papier. Les voix de François Damien (Le Reporter), de Wojtek Pszoniak (Vastenov), Mathieu Amalric (Le Prince), etc. donnent du relief dans cette aventure entre foi, recherche de soi et périple à travers l’Afrique.

Au final, la déception est certaine, mais elle est une bonne introduction à l’univers de Sfar car si, on garde un sentiment de « peut mieux faire », un arrière goût d’inachevé, on a néanmoins passé un moment pas désagréable…

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Profitons de ce dimanche pour sortir un peu de l’actualité (et peut-être pourrions-nous faire ça régulièrement…) et revenir sur l’un des classiques de la bande dessinée indépendante francophone : L’Ascension du Haut Mal de David B.

Parue en six tomes à L’Association entre 1996 et 2003, cette œuvre autobiographique raconte l’épilepsie de son frère et le combat, parfois désespéré, que mène sa famille pour tenter de le guérir, quitte à tomber entre les mains de quelques gourous et autres charlatans. Annoncé comme ça, cela peut effrayer… réaction du badaud confronté à l’inconnu. Pourtant il s’agit là de l’un des actes fondateurs de David B. comme auteur de bd. Elle pose sa patte, ses réflexions, ses obsessions, son style. Une maladie qui a façonné David B., l’a construit, comme elle détruisit petit à petit son frère.

David B. raconte alors cette enfance atypique, un regard sur sa famille (parents, grands-parents, fratrie, mythes), le deuil, les médecins et leur grande farandole, les fantaisistes de la macrobiotique (nous sommes en plein dans les années 70), du spiritisme, etc. mais également un vrai guérisseur. Et puis cette guerre qu’il mène contre ce Haut Mal, ces refuges dans l’imaginaire, ses fantômes protecteurs, batailles historiques dans des carnets en papier, un frère perdu entre l’enfance et une fascination pour les dictateurs, Hitler en tête, et qui s’abandonne dans sa maladie. Une passion pour la littérature aussi, l’histoire, les histoires et la sienne qui lui a valu en 2000, l’Alph’Art du meilleur scénario à Angoulême.

Pourtant l’image tient aussi une importance de tout premier plan, traduisant des émotions fortes dans une certaine naïveté d’expression. Une identité visuelle personnelle, entre rêve, histoire et réalité, que l’on retrouve depuis dans tous ses livres, la construction d’un imaginaire bordé de guerres (Les Olives Noirs), d’Orient, de mystiques et de sages (Les chasseurs de trésors), et dans lequel on se laisse facilement entraîner.

Moins connu que ses anciens collègues de l’Association (Joann Sfar, Marjane Satrapi, Riad Sattouf) dont la notoriété s’est faite notamment en s’acoquinant avec le 7ème art, il se dégage pourtant de l’œuvre de David B. une profondeur (mélancolique) qui leur fait souvent défaut. Sans doute faut-il y voir la trace du Haut Mal qui a fait de celui-ci un véritable conteur… un passeur d’histoires.

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Vous vous souvenez peut-être de notre visite en début d’année au Pied de Biche, librairie-galerie spécialisée dans la bande-dessinée indépendante et le roman graphique. Le lieu fait également maison d’édition et après, la parution en septembre dernier du premier recueil de nouvelles de Michel Villar, La Femme-ciseaux, le Pied de Biche sort une BD collective intitulée M.A.L.

Au rendez-vous donc : du crime, du sexe, des héros grecs, une famille étrange, un Satan au bord de la faillite, un Dieu, des dieux, un drôle de super-héros… le tout signé par Aurélie Pollet, Louisebeth Pacman, Ludovic Debeurme, Matthias Lehmann et Tyranny en compagnie de Michel Villar.

Une idée de cadeau de dernière minute, même pour des gens à qui vous souhaitez… du bien.

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