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Archive for the ‘– Interviews’ Category

Sandra Abouav, chorégraphe de la compagnie METAtarses présente « HÉLICES » vendredi 15 et samedi 16 juin au Point Éphémère. Nous l’avions rencontrée en février dernier lors de son passage à La Loge avec la pièce « SLIDE-se révolutionner ». Aperçu d’un échange fleuve et passionnant.

Des modèles et des influences

J’ai découvert le travail d’Hervé Diasnas avec le solo « Naï » (vu à Poitiers il y a six ans environ). Quand j’ai décidé de faire mon solo « SLIDE », son fantôme m’accompagnait, parce qu’il est dans une expression des passions et se situe sur deux partis pris. Le premier consiste à ponctuer l’espace par des contraintes et rendre visible des domaines différenciés sur la scène (une conception qui façonne mon écriture). Il est capable de faire une danse des mains très articulée, minimaliste, subtile, mais aussi dé déployer une grande énergie. C’est son deuxième parti pris : son rapport à la dépense, à la physicalité vraiment accrue que j’aime beaucoup.

A la même période, j’ai vu ce que faisait Odile Azaguri. Elle met en scène quelque chose de l’ordre de la folie humaine, une décadence de vie qui nous plonge dans l’humain et ses ambivalences. Ce qu’elle propose n’est pas du tout binaire, c’est une sorte de dérive du collectif sur l’individu. Il y a quelque chose de cet ordre là qui m’a beaucoup plu quand j’ai rencontré ce travail. Elle est d’origine marocaine et travaille aussi sur l’idée de l’exil, sur la culture que l’on amène avec soi, qui est déposée dans le corps et qui peut se manifester dans l’ailleurs. Chez elle aussi, j’apprécie la dépense physique de la danse, l’idée que quelque chose de fort se joue sur scène. Ce que je fais est antinomique avec la non-danse ou de la contredanse.

J’aime aussi beaucoup Christine Gérard, pour son rapport à l’improvisation, sa capacité à nous mettre dans un état d’hyper sensibilité. Et il y a Dominique Dupuy : un totem vivant, une bibliothèque vivante, dans ce qu’il transmet de son rapport à l’espace. Je me sens « héritière » – bien que je n’ai pas été son élève unique et qu’il n’a pas été mon maître au sens où il n’y a pas eu de transmission privilégiée. Je me sens comme chargée d’une responsabilité vis-à-vis de son travail, notamment en ce qui concerne sa conception de l’espace, empruntes de principes orientaux. Selon lui, l’espace est déjà peuplé de mouvements, et le corps, en traversant ce champ de mouvements présents mais imperceptibles, les rend visibles. Le mouvement existe déjà, il suffit au corps de s’insinuer à l’intérieur : le corps n’est qu’un vecteur du mouvement déjà existant. Cette idée me plait beaucoup. C’est aussi ce que dit Mary Wigman lorsqu’elle parle des petites mains extérieures et invisibles qui la déplacent, qui bougent son corps. Ce qui me plait dans cette notion de l’espace, c’est qu’il y a une forme de déresponsabilisation. Tu te décentres, tu t’en remets à l’espace, à l’écriture que tu fais de l’espace, pour voir émerger la danse.

Le travail de Sandra Abouav : quelques fondamentaux

ESPACE
Le rapport à l’espace est fondateur. Il y a des gens qui dansent plutôt sur place, même si en danse contemporaine, cela a été un peu balayé… Je suis dans l’idée d’être au cœur du monde et d’être plongée, immergée dans un espace.

CÉLÉBRATION
J’aime aussi beaucoup l’idée  de réenchanter le quotidien, de la célébration. Quelque soit le projet, il y a toujours pour moi l’envie d’une célébration de la vie, de l’humain, quelque chose qui le porte au sublime. Comme une gloire à cette vibration de la respiration, de la pulsation : je suis très attachée au rythme. J’aime penser à un corps qui serait encore païen, surtout au XXIe siècle. Un corps qui se reconnecterait avec le sacré, le spirituel dans un rapport au temps immémoriel ; c’est probablement une conception plus orientale qu’occidentale. Que l’on soit face à un solo ou à une danse de groupe, j’aime l’idée que l’on puisse avoir accès à l’individu dans sa mythologie intime. C’est-à-dire qu’il y a des rituels intimes, des choses auxquelles on n’a pas accès directement, qu’il faudrait décrypter.

SÉMIOTIQUE
Je considère que la danse se situe entre le signe et le symbole : qu’il y ait des choses qui fassent signe, comme l’écriture, qui laisse peu de place à l’ambivalence, et la danse plus liée au symbole, qui lui, au contraire est vraiment chargé, avec des connotations très différentes. Dans mon travail, j’essaie de toujours flirter entre les deux.

MÉTAMORPHOSE
Ce qui me plait aussi, c’est de pouvoir me glisser dans des peaux différentes. Comme dans mes rêves d’enfant. Avec l’idée du travestissement, mais aussi (surtout) celle de changer de peau : de pouvoir passer à l’animalité, de pouvoir jouer avec sa propre peau. La métamorphose, c’est mon cheval de bataille ; et « SLIDE », c’est vraiment la recherche du comment  glisser d’une situation à une autre, comment aller jusqu’au bout d’une expérience que l’on peut faire avec une peau particulière, et comment la mue, la mutation même est impérative pour continuer.

FAIRE DE LA SCÈNE UN LIEU DE QUESTIONNEMENT
Sans pour autant qu’il y ait un message, ce que je considère comme le pire écueil du spectacle vivant (« Quel est votre message ? » « Qu’est ce que vous voulez dire ? »). Je fais quelque chose qui dit quelque chose, mais moi, je ne veux rien dire. Et j’aime pouvoir semer du trouble : par l’illusion d’optique, l’illusion temporelle, par la déformation du corps… quelque chose qui dérange, qui déplace.

VIDÉODANSE
De manière plus pragmatique, dans mon travail, la collaboration avec Vincent Cespedes est essentielle. Ensemble, on réalise beaucoup de vidéodanses. Il filme et m’amène des musiques à explorer. Il y a vraiment un lien particulier entre la musique et la danse. C’est une rencontre qui amorce un évènement, et Vincent, dans sa philosophie, définit l’évènement comme une source d’émotion. Il y a évènement quand il y a émotion. Le mouvement c’est de l’émotion. Comme disait Merce Cunningham, ce n’est pas la peine de surenchérir, le corps en mouvement est déjà très expressif. L’idée est donc de tisser des intentions pour parvenir à l’émotion, d’atteindre et d’impliquer le spectateur, de le questionner, de le déplacer. Cette conception vitaliste est également très présente dans la philosophie de Vincent Cespedes : on parle de la brèche de la vie.

ANTENNES
Quand je donne des cours, j’utilise souvent le mot « antenne ». On a des antennes au bout des doigts : c’est assez évident et commun comme image. J’avais fait un stage avec une danseuse de butô,  Sumako Koseki, qui parlait de la « pixellisation du corps ». Elle avait recours à ce terme technologique virtuel pour parler du corps, et je trouve ça drôle. Pixeliser le corps, le mettre en haute définition, essayer de rendre visible chaque parcelle du corps dans un rapport hyper sensible à l’espace. Cela me touche beaucoup et me renvoie à une idée de Déborah Hay :  faire comme si chaque cellule du corps se rendait consciente de l’espace dans lequel elle se projette. Ne pas avoir un corps bloc, mais un corps réflexif et réceptif à l’espace qui l’entoure, comme si les cellules du corps grouillaient… J’aime bien l’idée que le corps soit une matière grouillante.

À découvrir : HÉLICES, 15 et 16 juin au Point Éphémère.

En résidence au Point Éphémère en mai du 14 au 27 mai avec le projet « HÉLICES »,  nous présenterons une première étape de travail dans le festival « Les petites formes décousues » les 15 et 16 juin (tous les résidents du Point Éphémère y présentent leur travaux). Je travaille de nouveau avec Vincent Cespédes qui m’accompagne autant en musique qu’en philosophie. Dans « HÉLICES », il y a une thématique pré-explorée dans « SLIDE » : le passage du mécanique à l’organique. Il s’agit ici d’explorer comment on perd de vue l’humain parce que l’on se « machinise » on se « routinifie », et comment on brise ses chaînes pour retrouver le rapport à l’humain, au vibrant.

Il y a ces deux idées dans l’hélice et c’est ce qui me passionne : c’est à la fois une forme qui est fabriquée industriellement pour générer de la propulsion, mais ça désigne aussi l’hélice organique qui est présente dans la construction de beaucoup de structures vivantes. Nos muscles sont en spirales, la double hélice de l’ADN est aussi une image. De quelle hélice va-t-on parler ? Quel est ce symbole que l’on va convoquer ? Pour le savoir, rendez-vous vendredi 15 juin et samedi 16 juin au Point éphémère pour découvrir la première étape de travail de « HÉLICES », dans le cadre des Petites formes décousues.
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Récemment signé chez Tricatel, le label de Bertrand Burgalat, Christophe Chassol pianiste et compositeur de talent que l’on a croisé notamment aux côtés de Phoenix et Sébastien Tellier, sortait fin février un premier album : « X-pianos ». Dans un rapport intime à la vidéo, il sort des contraintes et carcans de l’industrie musicale pour dévoiler un univers riche et élégant, une culture de la musique à l’image. Interview automatique avec ce brillant touche-à-tout.

A quoi rêviez-vous enfant ?
Je rêvais que j’étais l’homme de l’Atlantide.

Av(i)ez-vous des modèles ?
Ni Dieu, ni Maître…

Comment décririez-vous votre travail ?
Généreux, chaud, multiple, obsessionnel, appliqué, super-spécifique et en même temps hyper-universel…

Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Je regarde New York District ou Columbo sur TV Breizh.

Quelle est votre actualité ?
J’écris la musique du film d’horreur de Marina de Van. Je sors un album chez Tricatel (« X-pianos ») et joue mon spectacle « Nola chérie » avec Lawrence Clais. Je pars en Inde du Nord (Calcutta, Vanarasi) faire un film, « Indiamore » sur le même concept que « Nola chérie » dans lequel je vais filmer gurus, vaches, brahmanes, trafic et musiciens. La semaine prochaine, je suis en résidence au théâtre de Coutances avec un quatuor de synthés et le quintet DPZ (Thomas de Pourquery) pour un concert en mai à Jazz Sous les Pommiers. J’ai des concerts avec Acid Washed un peu partout… voilà en gros.

Quel est votre dernier coup de cœur artistique ?
… Mon dernier vrai coup de coeur date de juin dernier… C’est « The Clock » de Christian Marclay à la biennale de Venise. Il y a aussi une musicienne, pianiste, percussionniste classique et compositrice hyperdouée qui joue avec Yuksek en tournée, elle s’appelle Léonie Pernet et va sortir sa musique très bientôt.

Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
J’ai offert le dernier numéro de la revue « 6 mois » à ma copine.

Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
En juillet 2000, alors que je rentrais à 3h du mat, mon appartement de Belleville à complètement brûlé… j’ai eu le temps de monter au 8ème étage et n’ai rien pu sauver… ; rétrospectivement, j’essaierai de choper mes moleskines avec toutes mes notes, et mes carnets de partitions avec tous leurs brouillons…

Vous faites quoi demain ?
J’ai rendez-vous chez ta mère.
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Révélée par la dernière édition d’X-Factor, Maryvette Lair a marqué par la singularité de ses choix musicaux et sa personnalité haute en couleur. Alors qu’elle travaille sur un premier album, celle-ci a eu la gentillesse de nous accorder un peu de son temps pour répondre à l’interview automatique :

A quoi rêviez-vous enfant ?
Mon rêve était et est toujours de voler!

Av(i)ez-vous des modèles ?
Charlie Chaplin, Annie Fratellini (1ère femme clown), Ella Fitzgerald, Jacques Verrières, Barbara, Julie Andrews (Dans « Victor Victoria », film que j’ai du regarder plus d’une centaine de fois ).

Comment décririez-vous votre travail ?
Je fais ce que j’aime faire… Je sais c’est bâteau, mais en même temps je ne sais faire que ça… Ah oui ! des fois c’est difficile d’être son propre chef… en fait je fais plein de choses, j’adore ! Même si des fois c’est le bordel… Comme cette réponse par exemple !

Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Des confitures.

Quelle est votre actualité ?
Album en préparation, bientôt en concert sur Paris, sortie du film « Le Fils de l’aire » sur Arte à la fin de l’année, dans lequel je tiens le premier rôle féminin.

Quel est votre dernier coup de cœur artistique ?
Le dernier roman de Fanny Salmeron « Le travail des nuages ». En peinture, Picabia, en musique, le concert de Mathieu Boogaerts à la Java.

Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
Un médiator avec le drapeau Anglais pour mon amie Virgule (chanteuse, guitariste).

Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
Tous mes carnets de notes… Et il y en a un paquet !

09. Vous faites quoi demain ?
J’emmène ma mère à l’aéroport, ensuite je suis en post-synchro pour le film.
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Nouveau transfuge de chez PIAS, Da Silva signe, en compagnie de Yann Arnaud (Air, Syd Matters…), un quatrième album aux ballades mélancoliques, entre colère et désabusement. Une musicalité accentuée, y compris au niveau de son chant miossécien. Faut-il sans doute y voir une écriture qui a grandi au calme, loin de l’urgence des tournées. Une approche plus posée qui donne à l’ensemble plus de profondeur. Actuellement en tournée (dates ci-dessous), Da Silva joue pour nous les pinces sans rire le temps d’une interview automatique… minimaliste.

01. A quoi rêviez-vous enfant ?
Enfant je dormais beaucoup .

02. Av(i)ez-vous des modèles ?
Oui mon voisin , je copiais souvent sur lui en classe .

03. Comment décririez-vous votre travail ?
Comme une passion.

04. Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Rien.

05. Quelle est votre actualité ?
Je suis en tournée.

06. Quel est votre dernier coup de cœur artistique ?
St Vincent.

07. Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
Un disque.

08. Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
La clef de la porte

09. Vous faites quoi demain ?
Je vais faire la grasse mâtiné et ensuite je vais me reposer un peu avant d’aller me coucher.
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Da Silva est actuellement en tournée :
15/03 – Paris (Le Nouveau Casino)
16/03 – Terville (Le 112)
17/03 – Paris (Grande Halle de la Villette)
23/03 – Alençon (La Luciole)
24/03 – Nantes (Salle Paul Fort)
27/03 – Rennes (Le Liberté – L’Étage)
29/03 – Rouen (Le 106)
03/04 – Ramonville (Le Bikini)
04/04 – Clermont-Ferrand (La Coopérative de Mai)
05/04 – Lausanne (Les Docks)
11/04 – Paris (Le Divan du Monde)
20/04 – Lille (Le Splendid)

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Pour son quatrième album, Claire Lise nous dévoile une collection de portrait de femmes entre sensualité, érotisme, déchéance et espoir. Une sensualité de la voix et des mots, à la fois légère et poignante, sur des sonorités électriques. Sans doute faut-il voir là la patte du producteur Polérik Rouvière (Souchon, Tiersen, Dionysos…) qui souligne, dans « La Chambre rouge » le caractère de la jeune femme qui s’affirme toujours un peu plus dans le côté pop de la chanson française. La voici le temps d’une courte interview automatique.

A quoi rêviez-vous enfant ?
L’évangélisation et la paix dans le monde !

Av(i)ez-vous des modèles ?
Michel Fugain à 10 ans, Mathieu Boogaerts  à 16 ans, Brel à 20 ans

Comment décririez-vous votre travail ?
Sans compromis, sans consensus, franc, énergique.

Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Et vous  ?

Quelle est votre actualité ?
« La Chambre rouge » est sortie lundi 13 février dans les bacs. Nous jouons au Zèbre de Belleville mercredi 29 février et aux Trois Baudets le 23 mars !

Quel est votre dernier coup de cœur artistique ?
Bach par Racha Arodaky.

Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
« Even in the Quietest Moments », album de Supertramp (77)

Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
Léon, ma chatte.

Vous faites quoi demain ?
Je me lève, je prends deux grandes tasses de café, 2 tartines, je pianote sur ordi, sur piano. Réunion de travail à midi (label), réunion de travail après-midi (clip), répétition de 19h à minuit… Dodo. Putain ça fait un peu wonder woman ! Il y a des jours où j’en fais moins.

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Suite à notre récent article sur Richard Bellia (lire), le photographe m’a fait l’honneur de m’accueillir en toute simplicité chez lui à Lyon pour une interview automatique un peu revisitée, autour d’un café et au milieu de ses centaines de photos dispersées ça et là dans son appartement. Un entretien riche en anecdotes :

A quoi rêviez-vous enfant ?
Aucun souvenir.

Avez-vous des modèles ?
Non.

Comment décririez-vous votre travail ?
Je suis un photographe qui s’est spécialisé dans la musique. Je fais attention au matériel que j’utilise, à la manière dont je travaille, que ce soit la prise de vue, le développement et le tirage qui donnent une unité à mon travail. Combien même mes photos normalement sont sensées être utilisées à l’unité, parce que je fais normalement des photos pour la presse, au final mon travail peut se lire par lui-même. Ce qu’on appelle donc une œuvre (rires).

Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Mes activités sont assez simples : je prends des rendez-vous pour faire des photos, je fais mes photos, je développe mes photos, je les tire, je les expose, j’en fais des livres et des catalogues d’expositions, je voyage avec, je les vends aux différents médias qui veulent m’en acheter et je fais des procès aux gens qui les ont utilisés avant de me demander ou sans que je ne le sache (rires). Je le dis et je le répète à tout ces gens qui font l’objet de ces procès : je suis un mec très gentil, mais je peux être un véritable connard quand il s’agit de ça ! Je leur fais la morale parce que ce qu’ils font, dans ces cas-là, c’est vraiment mal. En général, ils me disent merci, parce qu’au final ils se rendent compte qu’ils ne se posent jamais la question ! Quand ils vendent mon travail avec la signature de quelqu’un d’autre, c’est strictement et par définition de la contrefaçon ! C’est le soucis du numérique : tout le monde peut mettre une photo en ligne trouvée sur internet en la faisant passer pour son propre travail. Et des photographes qui râlent parce qu’ils se sont fait piquer leur travail, il y en a autant que de gens qui ont un appareil photo. Ce qui est intéressant à souligner dans cette problématique, c’est qu’on a pensé que le numérique était une véritable démocratisation de la photographie (tout le monde peut soudainement en faire), ce qui est déjà gros un mensonge car cela reste vachement cher, paradoxalement à l’argument que l’on n’a plus besoin d’acheter de pellicules… Mais quand tu additionnes le budget photo que les gens investissent dans la course des nouveautés numériques, tu constates qu’avec ce même budget tu pourrais acheter de la pellicule pendant des décennies… Je ne travaille qu’avec la pellicule, c’est de la chimie et c’est comme ça que ça se fait.

Quelle est votre actualité ?
Depuis peu mes photos sont en vente au YellowKorner, une chaîne de magasins de photos présente un peu partout dans les grandes villes de France. C’est tout nouveau pour moi car c’est la première fois que je suis édité de cette manière. Je leur ai donné l’autorisation d’utiliser mes photos et d’en faire commerce. Jusqu’à aujourd’hui, à chaque fois que j’ai fait une photo, c’était moi qui payais la pellicule (ou elle était payée par un média dans le cadre d’une commande), mais dans tout les cas, à la fin de la journée la pellicule était indiscutablement MA propriété. Pour le YellowKorner  j’ai accepté cette nouveauté.  À propos de marché, j’aime bien cet adage : « il y a un trou dans le marché, mais est-ce qu’il y a un marché dans le trou ? » (rires).

Quel est votre dernier coup de cœur artistique?
J’ai fait pas mal d’expos à droite à gauche cette année et assez régulièrement dans les vernissages je rencontre des groupes. Je tombe souvent sur des trucs qui sont « presque bien », dans le sens où le budget de leur production est relativement mince. Je me dis parfois juste que si il avait un vrai travail de réalisation derrière, ça pourrait vraiment cartonner. Je pense à un groupe qui s’appelle The Flash ou Klink Clock. Il y a un truc qui me plaît bien : c’est un comité de sélection qui chaque années subventionne des groupes émergeants depuis le début des années 90 ; le FAIR, des groupes français comme Dionysos, M, Cali y sont passés. Je reçois la compilation régulièrement et j’aime beaucoup les groupes que j’y entends, j’y ai découvert La Femme notamment. Sinon ma référence indiscutable, c’est les Pixies, parce-que je les trouve très malins. En terme de cinéma je dois avouer que je n’y vais jamais. J’ai fait un blog pendant trois ans au festival de Cannes et de Berlin pour Arte, on y trouve tout ce que j’ai fait pendant 15 jours là-bas sous une formule de 10 photos avec 10 textes par jour, mais sincèrement je n’aime pas ce milieu. Pour le canard, ce serait Charlie Hebdo. D’ailleurs, à propos de l’incendie récent de leurs locaux, j’ai envie de dire que si le journal satirique numéro un du pays est obligé maintenant de travailler derrière des gilets pare-balles, c’est vraiment pas un détail anodin! 

Si vous deviez arrêter la photo que feriez-vous ? (ndrc : digression)
Je ferais exclusivement du tirage, et dans le pire des cas j’écrirais, j’écris déjà beaucoup. Je me vengerais avec mes mots. Paradoxalement je ne lis pas beaucoup, mais j’ai une excuse : je pense que tu ne dois absolument pas regarder le travail des autres, autant dans la photo que l’écriture, parce-que tu le ferais soit d’un œil uniquement critique ou envieux, ou pour piquer un plan et relever les fautes récurrentes de l’auteur et là, tu te laisses embarquer dans une histoire qui n’est pas la bonne. Mais attention, ce n’est pas une bonne excuse pour ne pas lire, ça reste MA bonne excuse pour ne pas lire (rires) .

Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
Mon livre. Le livre a une dimension sacrée, et le mien étant super bien, ça joue en ma faveur (rires).

Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
Toi, moi et puis un casier de photos.

10. Vous faites quoi demain ?

Bientôt je fête mes 50 ans au Transbordeur à Lyon qui présentera une énorme exposition de mon travail et il y aura une très belle scène musicale à l’occasion. Mais c’est un scoop ! Je n’en dirai pas plus pour l’instant… (rires).

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La réalisatrice Helena Klotz a commencé sa carrière, après un passage dans le théâtre, comme directrice de casting pour des réalisateurs comme Nicolas Klotz, Laurent Achart, Katell Quillévéré ou Eva Ionesco. Elle réalise en 2003 son premier film, Le Léopard ne se déplace jamais sans ses tâches, un moyen-métrage qui sera sélectionné au festival de Locarno et lauréat de quelques prix (Aix en Provence, Côté Court, Créteil, Dignes-les-Bains…) avant de faire quelques clips, un documentaire sur le musicien Turzi et Les Amants cinéma (sélectionné à Buenos Aires, Londres, New-York, Sao Paulo, Chicago, Vienna, Montreal, Copengague).

Le mois dernier Arte diffusait son dernier film, Val d’Or : deux hommes face à leurs désirs lors d’une soirée en discothèque. L’envie pour nous de soumettre la jeune femme à l’Interview automatique :

A quoi rêviez-vous enfant ?
Je voulais être agent secret ou bien faire partie de la mafia, tout ce qui a à voir avec le fait de se cacher, voyager, avoir des armes.

Av(i)ez-vous des modèles ?
Oui, beaucoup ! Tout dépend de ce que j’écoute, de ce que je lis et de ce que je regarde. Je m’identifie très vite aux personnes qui me fascinent. Petite, je me souviens avoir été totalement fan de Christine Ockrent. C’est drôle quand même ! Je la trouvais belle, j’adorais sa coupe de cheveux, ses fringues, sa manière de parler. Je la voyais présenter le 20h, animer des discussions avec des hommes politiques, j’étais en émerveillement.  Elle était pour moi le summum de ce que devait être une femme !

Comment décririez-vous votre travail ?
Voir ce qui arrive.

Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Je filme ce qui arrive devant la caméra. Il doit y avoir quelque chose de visionnaire dans le cinéma non ?

Quelle est votre actualité ?
Je viens de terminer un long-métrage qui s’en va au festival de Berlin.

Quel est votre dernier coup de cœur artistique ?
Aujourd’hui, l’accès à la culture est démultiplié : de la culture de masse aux niches très très pointues. Avec internet il y a de la place tout le temps et pour tout le monde. C’est le vieux rêve de la télévision qui se réalise ! Du coup, je ne peux pas parler d’un coup de cœurs mais des coups de cœurs. Musique : « Echo » de Shabazz Palace, « The Noose of Jah City » de King Krule, « Space Forklift » de Kurt Vile, « Event Horizon » de Arpanet, « Hearts » de oOoOO, « I Don’t Know What Happened to the Kids Today » de Labi Siffre… Cinéma : Tim Roth dans Made in Britain de Alan Clarke, le style de Drive, TOUT dans Le Cheval de Turin de Bela Tarr, la saison 4 de la série Breaking Bad,  la saison 4 de la série True Blood, Baby Doll de Elia Kazan que je viens de découvrir…

Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
Il y a quelques jours, j’ai donné mon rouge à lèvre à une amie, c’était le soir de mon anniversaire (un rouge à lèvre que j’adorais, je suis illico aller me le racheter le lendemain).

Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
Pas grand-chose, je ne possède rien qui ne me soit indispensable. D’ailleurs je perd régulièrement des choses, ce qui permet à d’autres d’arriver. Par contre un chat, un enfant, un homme, une femme, évidemment ! Des flammes d’un incendie, je sauverai « les vivants ».

Vous faites quoi demain ?
Demain mmmmhh je ne sais pas, probablement comme aujourd’hui mais pas complètement non plus.

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