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Archive for the ‘Cinéma’ Category

On ne présente plus le cinéaste Tim Burton, ce parfait héritier des surréalistes qui nous enchante par son univers largement influencé par Edgar Allan Poe. Son cinéma sans cesse revisité depuis « Pee-wee’s Big Adventure » et « Beetlejuice«  et plus récemment avec « Charlie et la Chocolaterie », « Big Fish » ou « Alice au Pays des merveilles » renverse régulièrement les codes cinématographiques et nous enchante par sa signature majestueusement onirique.

On oublie, par trop souvent, que ce conteur exceptionnel, ancien étudiant de la prestigieuse école de CalArt créée par Disney à Los Angeles, est aussi un graphiste et un photographe de génie. Vous serez donc sans doute étonné, à l’occasion de l’exposition qui ouvre demain à La Cinémathèque française et ce jusqu’au 5 août. Forte de son succès colossale aux États-Unis en 2010, cette grande présentation révèle aux spectateurs de véritables trésors : dessins, peintures, story-boards, maquettes, costumes, ainsi que des extraits de films super 8 et 16 millimètres de l’artiste. Vous passerez, comme par magie, dans l’envers du décor.

Il ne vous reste plus qu’à réserver vos billets en suivant le lapin blanc.
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Hier sortait La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy), un film d’espionnage adapté du best-seller de John le Carré et réalisé par le suédois Tomas Alfredson, à qui l’on doit notamment Morse, un très glacial film de vampires, primé à Gérardmer. Gary Oldman y incarne George Smiley, un agent des services secrets britanniques dans la première moitié des années 1970 qui enquête sur la présence d’un agent double à la tête du MI6, qui vient de se séparer de son directeur, Control (John Hurt), suite à la mort d’un agent en Hongrie…

Attention, on est ici très loin des James Bond et autres Jason Bourne, mais plutôt dans de l’enquête policière, un jeu d’échec. Rythme lent… (très lent…), trame légèrement obscure… Outre la fine fleur des comédiens britanniques (qu’on a, à peu près, tous croisés dans la saga Harry Potter), et un très intéressant jeu de caméra, la grande qualité de ce film reste la reconstitution du Londres de 1973 dans lequel on se laisse absorber non sans plaisir. Guerre froide, problèmes de couple, bureaucratie, morts et soupçonite aiguë, on découvre une structure hors du temps (pour ne pas dire hors d’âge) qui peine face au cousin américain.

Peu d’action, on parle, on avoue, on trahit, laissant le temps s’imposer, comme si notre inconscient était marqué par le balancier d’une vieille horloge… en attendant la vérité. Comme si ce film revenait de cette année 1973 pour se révéler enfin au public… avec un brin de déception mais trois nominations aux Oscars, dont celui du Meilleur acteur.

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Suite à notre récent article sur Richard Bellia (lire), le photographe m’a fait l’honneur de m’accueillir en toute simplicité chez lui à Lyon pour une interview automatique un peu revisitée, autour d’un café et au milieu de ses centaines de photos dispersées ça et là dans son appartement. Un entretien riche en anecdotes :

A quoi rêviez-vous enfant ?
Aucun souvenir.

Avez-vous des modèles ?
Non.

Comment décririez-vous votre travail ?
Je suis un photographe qui s’est spécialisé dans la musique. Je fais attention au matériel que j’utilise, à la manière dont je travaille, que ce soit la prise de vue, le développement et le tirage qui donnent une unité à mon travail. Combien même mes photos normalement sont sensées être utilisées à l’unité, parce que je fais normalement des photos pour la presse, au final mon travail peut se lire par lui-même. Ce qu’on appelle donc une œuvre (rires).

Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Mes activités sont assez simples : je prends des rendez-vous pour faire des photos, je fais mes photos, je développe mes photos, je les tire, je les expose, j’en fais des livres et des catalogues d’expositions, je voyage avec, je les vends aux différents médias qui veulent m’en acheter et je fais des procès aux gens qui les ont utilisés avant de me demander ou sans que je ne le sache (rires). Je le dis et je le répète à tout ces gens qui font l’objet de ces procès : je suis un mec très gentil, mais je peux être un véritable connard quand il s’agit de ça ! Je leur fais la morale parce que ce qu’ils font, dans ces cas-là, c’est vraiment mal. En général, ils me disent merci, parce qu’au final ils se rendent compte qu’ils ne se posent jamais la question ! Quand ils vendent mon travail avec la signature de quelqu’un d’autre, c’est strictement et par définition de la contrefaçon ! C’est le soucis du numérique : tout le monde peut mettre une photo en ligne trouvée sur internet en la faisant passer pour son propre travail. Et des photographes qui râlent parce qu’ils se sont fait piquer leur travail, il y en a autant que de gens qui ont un appareil photo. Ce qui est intéressant à souligner dans cette problématique, c’est qu’on a pensé que le numérique était une véritable démocratisation de la photographie (tout le monde peut soudainement en faire), ce qui est déjà gros un mensonge car cela reste vachement cher, paradoxalement à l’argument que l’on n’a plus besoin d’acheter de pellicules… Mais quand tu additionnes le budget photo que les gens investissent dans la course des nouveautés numériques, tu constates qu’avec ce même budget tu pourrais acheter de la pellicule pendant des décennies… Je ne travaille qu’avec la pellicule, c’est de la chimie et c’est comme ça que ça se fait.

Quelle est votre actualité ?
Depuis peu mes photos sont en vente au YellowKorner, une chaîne de magasins de photos présente un peu partout dans les grandes villes de France. C’est tout nouveau pour moi car c’est la première fois que je suis édité de cette manière. Je leur ai donné l’autorisation d’utiliser mes photos et d’en faire commerce. Jusqu’à aujourd’hui, à chaque fois que j’ai fait une photo, c’était moi qui payais la pellicule (ou elle était payée par un média dans le cadre d’une commande), mais dans tout les cas, à la fin de la journée la pellicule était indiscutablement MA propriété. Pour le YellowKorner  j’ai accepté cette nouveauté.  À propos de marché, j’aime bien cet adage : « il y a un trou dans le marché, mais est-ce qu’il y a un marché dans le trou ? » (rires).

Quel est votre dernier coup de cœur artistique?
J’ai fait pas mal d’expos à droite à gauche cette année et assez régulièrement dans les vernissages je rencontre des groupes. Je tombe souvent sur des trucs qui sont « presque bien », dans le sens où le budget de leur production est relativement mince. Je me dis parfois juste que si il avait un vrai travail de réalisation derrière, ça pourrait vraiment cartonner. Je pense à un groupe qui s’appelle The Flash ou Klink Clock. Il y a un truc qui me plaît bien : c’est un comité de sélection qui chaque années subventionne des groupes émergeants depuis le début des années 90 ; le FAIR, des groupes français comme Dionysos, M, Cali y sont passés. Je reçois la compilation régulièrement et j’aime beaucoup les groupes que j’y entends, j’y ai découvert La Femme notamment. Sinon ma référence indiscutable, c’est les Pixies, parce-que je les trouve très malins. En terme de cinéma je dois avouer que je n’y vais jamais. J’ai fait un blog pendant trois ans au festival de Cannes et de Berlin pour Arte, on y trouve tout ce que j’ai fait pendant 15 jours là-bas sous une formule de 10 photos avec 10 textes par jour, mais sincèrement je n’aime pas ce milieu. Pour le canard, ce serait Charlie Hebdo. D’ailleurs, à propos de l’incendie récent de leurs locaux, j’ai envie de dire que si le journal satirique numéro un du pays est obligé maintenant de travailler derrière des gilets pare-balles, c’est vraiment pas un détail anodin! 

Si vous deviez arrêter la photo que feriez-vous ? (ndrc : digression)
Je ferais exclusivement du tirage, et dans le pire des cas j’écrirais, j’écris déjà beaucoup. Je me vengerais avec mes mots. Paradoxalement je ne lis pas beaucoup, mais j’ai une excuse : je pense que tu ne dois absolument pas regarder le travail des autres, autant dans la photo que l’écriture, parce-que tu le ferais soit d’un œil uniquement critique ou envieux, ou pour piquer un plan et relever les fautes récurrentes de l’auteur et là, tu te laisses embarquer dans une histoire qui n’est pas la bonne. Mais attention, ce n’est pas une bonne excuse pour ne pas lire, ça reste MA bonne excuse pour ne pas lire (rires) .

Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
Mon livre. Le livre a une dimension sacrée, et le mien étant super bien, ça joue en ma faveur (rires).

Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
Toi, moi et puis un casier de photos.

10. Vous faites quoi demain ?

Bientôt je fête mes 50 ans au Transbordeur à Lyon qui présentera une énorme exposition de mon travail et il y aura une très belle scène musicale à l’occasion. Mais c’est un scoop ! Je n’en dirai pas plus pour l’instant… (rires).

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La réalisatrice Helena Klotz a commencé sa carrière, après un passage dans le théâtre, comme directrice de casting pour des réalisateurs comme Nicolas Klotz, Laurent Achart, Katell Quillévéré ou Eva Ionesco. Elle réalise en 2003 son premier film, Le Léopard ne se déplace jamais sans ses tâches, un moyen-métrage qui sera sélectionné au festival de Locarno et lauréat de quelques prix (Aix en Provence, Côté Court, Créteil, Dignes-les-Bains…) avant de faire quelques clips, un documentaire sur le musicien Turzi et Les Amants cinéma (sélectionné à Buenos Aires, Londres, New-York, Sao Paulo, Chicago, Vienna, Montreal, Copengague).

Le mois dernier Arte diffusait son dernier film, Val d’Or : deux hommes face à leurs désirs lors d’une soirée en discothèque. L’envie pour nous de soumettre la jeune femme à l’Interview automatique :

A quoi rêviez-vous enfant ?
Je voulais être agent secret ou bien faire partie de la mafia, tout ce qui a à voir avec le fait de se cacher, voyager, avoir des armes.

Av(i)ez-vous des modèles ?
Oui, beaucoup ! Tout dépend de ce que j’écoute, de ce que je lis et de ce que je regarde. Je m’identifie très vite aux personnes qui me fascinent. Petite, je me souviens avoir été totalement fan de Christine Ockrent. C’est drôle quand même ! Je la trouvais belle, j’adorais sa coupe de cheveux, ses fringues, sa manière de parler. Je la voyais présenter le 20h, animer des discussions avec des hommes politiques, j’étais en émerveillement.  Elle était pour moi le summum de ce que devait être une femme !

Comment décririez-vous votre travail ?
Voir ce qui arrive.

Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Je filme ce qui arrive devant la caméra. Il doit y avoir quelque chose de visionnaire dans le cinéma non ?

Quelle est votre actualité ?
Je viens de terminer un long-métrage qui s’en va au festival de Berlin.

Quel est votre dernier coup de cœur artistique ?
Aujourd’hui, l’accès à la culture est démultiplié : de la culture de masse aux niches très très pointues. Avec internet il y a de la place tout le temps et pour tout le monde. C’est le vieux rêve de la télévision qui se réalise ! Du coup, je ne peux pas parler d’un coup de cœurs mais des coups de cœurs. Musique : « Echo » de Shabazz Palace, « The Noose of Jah City » de King Krule, « Space Forklift » de Kurt Vile, « Event Horizon » de Arpanet, « Hearts » de oOoOO, « I Don’t Know What Happened to the Kids Today » de Labi Siffre… Cinéma : Tim Roth dans Made in Britain de Alan Clarke, le style de Drive, TOUT dans Le Cheval de Turin de Bela Tarr, la saison 4 de la série Breaking Bad,  la saison 4 de la série True Blood, Baby Doll de Elia Kazan que je viens de découvrir…

Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
Il y a quelques jours, j’ai donné mon rouge à lèvre à une amie, c’était le soir de mon anniversaire (un rouge à lèvre que j’adorais, je suis illico aller me le racheter le lendemain).

Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
Pas grand-chose, je ne possède rien qui ne me soit indispensable. D’ailleurs je perd régulièrement des choses, ce qui permet à d’autres d’arriver. Par contre un chat, un enfant, un homme, une femme, évidemment ! Des flammes d’un incendie, je sauverai « les vivants ».

Vous faites quoi demain ?
Demain mmmmhh je ne sais pas, probablement comme aujourd’hui mais pas complètement non plus.

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Alors que le quatorzième tome de The Walking Dead, comic signé Robert Kirkman et Charlie Adlar, est sorti chez Delcourt il y a une dizaine de jours et que la seconde saison de la version télé débutera aux États-Unis le 16 octobre, le zombie semble être à nouveau à la mode et n’est donc plus l’apanage du pape du genre George Romero. Pour preuve, les quelques vidéos qui font actuellement l’évènement sur le net.

Tout d’abord avec ce court-métrage fait dans le cadre du concours Panic ! Reverse, qui propose de réaliser un film à partir d’une affiche donnée. Série B parfois d’un goût un peu douteux (Shoah!, la comédie musicale) ou plus humoristique (Elvis contre la Gestapo), la version de Zombin Laden – The Axis of Evil Dead signée Clément Deneux fait revenir le terroriste saoudien d’entre les morts du côté de Belle-Île-en-Mer qui ne sera plus jamais la même dans la chanson de Laurent Voulzy, si ce n’est aux côtés de Bloody Marie-Galante et Sang Vincent…

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Les zombies frappent d’ailleurs de plus en plus là où on ne les attend pas… Pour preuve, cette publicité pour des cours… de yoga !

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Pour terminer sur une note d’émotion, la bande annonce du jeu vidéo Dead Island, sorti également au début du mois chez Deep Silver et qui ne fait pourtant pas dans les bons sentiments, machette ou pied de biche à la main.

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Un seul conseil donc : protégez vos familles ! Pour cela n’oubliez pas de lire ou relire l’indispensable manuel de Max Brooks : Guide de survie en territoire zombie, désormais disponible dans une version de poche.

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L’Institut suédois proposera à Paris durant le mois de septembre trois séances de cinéma en plein air dans les jardins de l’Hôtel de Marle. Une belle manière de prolonger l’été un peu plus en se prélassant sur les pelouses de cet hôtel particulier de la fin du XVIe en plein cœur du Marais.

Au programme, Marie-Antoinette, troisième long-métrage de Sofia Coppola (16/09 à 21h00, en VOSTF), précédé à 18h30 d’une conférence sur la correspondance de la reine avec son amant supposé Axel von Fersen, animée par Gérard Ousset. Le lendemain à la même heure, un documentaire de Ingalill Snitt (en VOSTA) consacré à Lars Sjöberg, l’un des grands spécialistes du style gustavien précédé à 19h30 d’une rencontre avec ce dernier et la journaliste Elisabeth Vedrenne (Connaissance des Arts). Enfin, le 24/09 toujours à 21h, une soirée tout public consacrée à des courts-métrages d’humour.

Entrée libre par les grilles du jardin, 10 rue Elzévir. N’oubliez pas vos plaids et vos pliants !!!

Pour rappel, jusqu’au 23 octobre, se déroule l’exposition Svenskt Tenn : un classıque du desıgn, figure emblématique du design et du textile suédois à partir des années 1930. « L’exposition présente l’histoire de Svenskt Tenn à travers bien sûr ses textiles devenus cultes mais aussi des intérieurs, des archives, des meubles et d’autres objets, d’hier jusqu’à nos jours. « 

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Aujourd’hui sortait dans les salles Le Chat du Rabbin, adaptation de la bande dessinée qui a révélé Johann Sfar au grand public (900 000 exemplaires vendus). Celui-ci, en compagnie d’Antoine Delesvaux (sur la réalisation), sa compagne Sandrina Jardel (sur le scénario) et une équipe de 170 personnes, a passé quatre années pour que son dessin prenne finalement vie à l’écran.

Dans l’Alger des années 1920, le rabbin Sfar vit avec sa fille, Zlabya, et son chat qui se met à parler après avoir (on suppose et malgré ses démentis) avalé le perroquet de la maison. Le félin parle alors religion avec son maître et en vient à vouloir faire sa bar-mitsva, alors que sa croyance en Dieu est extrêmement relative…

Débarrassons-nous tout de suite de la 3D qui n’apporte strictement rien, si ce n’est pour son distributeur un réseau de diffusion sans doute un peu plus important… mais l’esthétique simple, voire un peu naïve, du trait a un charme réel qui ne gagne rien à ces effets de modernité.

A relecture, l’adaptation est plutôt très fidèle. On regrettera certains décalages bulles/images qui rendaient assez savoureuse la bande-dessinée, tout comme l’image figée donnait quelques instantanés très amusants dans les expressions des personnages, des animaux, qui conservaient dans la caricature, un côté très humain… très félin.

L’humour est souvent assez potache et c’est un problème finalement assez récurent chez Sfar qui est capable à la fois d’une grande subtilité et dans le même temps d’une certaine balourdise. Ce qui n’empêche pas de savoureux moments comme lorsque le chat fait croire à un rabbin qu’il est dieu incarné ou cette rencontre au Congo avec un journaliste belge raciste et son petit chien blanc qui prennent nos héros pour des sous-développés profonds…

Côté doublage, François Morel (Le Chat) est très Morel… sans doute arrivent-on à saturation dans le cabotinage. Quant à Hafsia Herzi, elle fait de Zlabya, une jeune fille assez irritante et immature. Chose qu’on n’imaginait pas forcément dans la version papier. Les voix de François Damien (Le Reporter), de Wojtek Pszoniak (Vastenov), Mathieu Amalric (Le Prince), etc. donnent du relief dans cette aventure entre foi, recherche de soi et périple à travers l’Afrique.

Au final, la déception est certaine, mais elle est une bonne introduction à l’univers de Sfar car si, on garde un sentiment de « peut mieux faire », un arrière goût d’inachevé, on a néanmoins passé un moment pas désagréable…

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