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Archive for the ‘Art contemporain’ Category

On ne présente plus le cinéaste Tim Burton, ce parfait héritier des surréalistes qui nous enchante par son univers largement influencé par Edgar Allan Poe. Son cinéma sans cesse revisité depuis « Pee-wee’s Big Adventure » et « Beetlejuice«  et plus récemment avec « Charlie et la Chocolaterie », « Big Fish » ou « Alice au Pays des merveilles » renverse régulièrement les codes cinématographiques et nous enchante par sa signature majestueusement onirique.

On oublie, par trop souvent, que ce conteur exceptionnel, ancien étudiant de la prestigieuse école de CalArt créée par Disney à Los Angeles, est aussi un graphiste et un photographe de génie. Vous serez donc sans doute étonné, à l’occasion de l’exposition qui ouvre demain à La Cinémathèque française et ce jusqu’au 5 août. Forte de son succès colossale aux États-Unis en 2010, cette grande présentation révèle aux spectateurs de véritables trésors : dessins, peintures, story-boards, maquettes, costumes, ainsi que des extraits de films super 8 et 16 millimètres de l’artiste. Vous passerez, comme par magie, dans l’envers du décor.

Il ne vous reste plus qu’à réserver vos billets en suivant le lapin blanc.
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C’est une lumière mystique qui se décline dans les peintures de Jérôme Delépine. Cette lumière minimaliste, sublimant ses influences classiques, ne cherche a révéler pourtant un discours dogmatique. Sa peinture s’apparente d’avantage à ce que nous serions tenté d’appeler « une théologie négative mise en images », car le sens profond de ses images commence là où nous osons faire abstraction de ce qu’elles représentent. Le but étant simplement de nous plonger dans l’obscure clarté qui les fonde et les justifie.

Ne pouvant intégrer les Beaux-arts à cause d’une défaillance visuelle, il suivra des cours de peinture au sein de l’Académie de Port-Royal. Il avoue devoir sa vocation d’artiste à sa rencontre avec le peintre Eric Lepoureau en 1988. Inspiré du travail figuratif de Gustave Doré, Garouste, Picasso, Dalí et Daumier, Jérôme fait de sa défaillance visuelle un atout majeur, défiant son handicap dans les arts.

Tenant tête à ceux qui lui disaient que peindre n’était pas un choix possible pour lui, il ose partir à l’aventure de la toile et des pigments à l’huile. Sa motivation ne pouvant en n’être que renforcée, sa peinture est dès lors habitée par la recherche d’une lumière et d’un certain éclat « Je suis obsédé par la retouche, c’est à dire d’en enlever le plus possible. On peut m’appeler minimaliste, mais je pense que moins il y en a, mieux c’est. ». À un ami qui lui demandait ce qu’était l’art, Jérôme Delépine avait répondu : « L’art, c’est le doute ». Face aux interrogations que représentent la nature de l’Homme ou le sens de sa vie, l’œuvre de Delépine apporte une réponse toute en retenue : « Doutons de tout si nous le voulons, mais pas de nos émotions. »

Depuis ses premières expositions en 1998, on peut voir régulièrement son travail au Salon de MamMuti (La-Flotte-en-Ré), à la Galerie Australe (Saint-Denis de la Réunion) et, en permanence, à la galerie Au-delà des apparences (Annecy). Les œuvres de Jérôme Delépine signent une humilité divine, qui forcent respect et admiration ; une belle façon de trouver la lumière en ces temps quelque peu assombris…
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Judith Scott est atteinte du syndrome de Down (trisomie 21). Également sourde et muette, elle ne peut communiquer avec le monde extérieur. Quand en 1950, à l’âge de sept ans, elle est déclarée inapte à suivre tout enseignement spécialisé, elle est brutalement coupée des siens et se retrouve privée d’environnement pédagogique et artistique. Elle passe alors plus de 35 ans dans des institutions spécialisées, soumise à des conditions proches de l’internement. En 1986, Judith Scott est prise en charge par sa sœur jumelle qui obtient sa tutelle et l’emmène avec elle en Californie. Elle vit dès lors dans un milieu adapté à son état et rejoint le Creative Growth Art Center, à Oakland, où elle s’engage spontanément dans la création. Ce petit bout de femme éternelle enfant est totalement inconsciente qu’elle opère dans le domaine de l’art. Les sculptures qui constituent son unique moyen d’expression resteront un mystère envoûtant jusqu’à sa mort en 2005 à l’âge de 62 ans.

Sandra Adam-Couralet et Allan Belland, commissaires d’exposition lui rendent aujourd’hui hommage en présentant « une douzaine de ses œuvres exposées pour la première fois à Paris, résonnant profondément avec les objets de la sculpture contemporaine comme ceux de Louise Bourgeois ou de Tony Cragg. La liberté technique, ainsi que la richesse psychologique et émotionnelle, qui conduit la démarche de Judith Scott est exemplaire pour d’autres de la scène actuelle, bien au-delà des questions troublantes de son handicap. Il s’agit de montrer ses sculptures textiles en tant qu’objets magiques, secrets et puissants, montrer une pratique de la sculpture désinvolte à l’égare du tissage et des formes traditionnelles, faire honneur au même titre que les autres artistes invités à une démarche inédite. »

Jusqu’à sa mort, Judith poursuivra son travail solitaire de fileuse de chrysalide, nous laissant dès lors son expression unique et récurrente : une obsédante danse autour des objets anodins dissimulés sous des résaux complexes de fils colorés. Judith tissait des cocons géants et multicolores, qui nous évoquent des fétiches magiques, des poupées d’envoûtement ou des totems. Ses oeuvres semblent douées du pouvoir de vie ou de mort, ou renfermer un secret que l’artiste prenait soin de cacher. Comme un besoin de tisser des liens qu’elle avait elle même perdu à une triste époque de sa vie. Judith embauma ses secrets d’innocence et de symbolisme, entre enfermement et libération, sous des cris de couleurs et des strates de matières douces.

Ses œuvres sont visibles jusqu’au 18 décembre au Collège des Bernardins à Paris. Une exposition à découvrir absolument pour ne pas perdre le fil…
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Il y a eu de tout temps des artistes innovants dans leurs techniques et dans leur exploitation. Particulièrement ancré dans son époque Philippe Cognée  fait partie de ces alchimistes contemporains qui transcendent les matières de notre quotidien en pierre philosophale.

Philippe Cognée a vécu au Benin, il vit et travaille depuis 1974 à Nantes où il s’est établit après avoir fait ses études d’art. C’est avec des sculptures de bois taillé et des peintures aux sujets mythologiques qu’il commence ses premières expositions au début des années 80. Mais il prend un virage décisif dans sa démarche artistique dans les années 90 en exploitant les technologies photographiques, l’outil vidéo et l’écran. Par ce moyen original, la lentille lui fournit une source d’images illimitée qu’il diluera frénétiquement dans ses nombreuses potions magiques. Le support du bois et de la toile en seront le chaudron de cuisson.

Ses sujets sont issus de la banalité du quotidien, des lieux urbains et de l’architecture contemporaine. Des moments presque vides qu’il transcende en instants troubles, et fait du sujet de premier plan un paysage vague et presque indéfinissable. Il a pour cela une technique bien particulière qui consiste à ‘geler’ l’image issue de photos et vidéos qu’il projette sur un support. Ce spectre est alors redéfini avec une peinture à base d’encaustique (mélange de cire d’abeille et de pigments). Le résultat est liquéfié et totalement déformé par une seconde étape : un film plastique recouvrant l’œuvre et subissant le passage du fer à repasser, fait  fondre la fameuse cire. Il résume ce résultat comme « la confusion entre le dessous et la surface toujours sensible aux descriptions de nos rapports avec la substance, la boue, l’indistinct avant la forme ». Cette objectivité déformée par ces images piégées et disloquées dans une vision glacée, cristallisée et fondue, glisse sous notre regard et anéantit la réalité. Une sensation de buée et de brouillard nous enveloppe. Par moment, c’est la chaleur qui semble faire fondre des villes entières, sous le poids écrasant d’une lumière crue et stérile.

Les réminiscences d’endroits, d’habitude familiers, nous semblent alors totalement étrangers, comme surgissant d’un film de science-fiction. C’est une hallucination futuriste à contre-temps qui inverse nos repères. Un futur, espace de jeu, qui définit parfaitement notre sorcier de l’image : la rumeur voudrait que Philippe Cognée utilise depuis peu des images satellites de Google Earth… De quoi nous immerger dans le flou plus que gigantesque d’un ‘retour vers le futur’ bien singulier.

Vous pouvez, jusqu’au 5 février 2012, entamer votre voyage avec lui au Hangar à Bananes de Nantes.
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Takashi Murakami est l’un des artistes les plus chers du monde et sa popularité est telle que tout les projets les plus délirants lui sont permis. Nous n’avons pas oublié ses fleurs géantes au sourire béat et ses peluches Kawai (mignon en japonais) investirent les Grands Appartements et la Galerie des glaces du Château de Versailles en septembre 2010, transformant le site hautement historique en un parc multicolore et acidulé et nous offrant un voyage chez le Roi Soleil sous LSD. Suscitant une grande polémique à l’époque et soulignant la question du contraste entre l’art classique du patrimoine historique confronté à l’art contemporain, cette exposition résume quoi qu’il en soit la parfaite indépendance d’esprit et d’action de ce monumental artiste japonais de 49 ans, qui rêvait avant tout d’être réalisateur de dessins-animés.

Son parcours commence en 1986 par son inscription à un cours de peinture traditionnelle Nihon-Ga issue de la traduction picturale japonaise et du courant Edo puis par une  formation de cinq ans à l’Université des Beaux Arts et de Musique de Tokyo. Il fonde le studio de production Hiropon Factory en 1995 (aujourd’hui rebaptisé Kaikai Kiki Corporation) qui lui permet de soutenir certains artistes japonais et de  commercialiser les produits dérivés de son art. Il se démarquera particulièrement par la suite dans des collaborations de renom comme avec Louis Vuitton en 2004, Kanye West en 2007 et Britney Spears. Bref, personne ne lui résiste et lui même ne résiste jamais à la jouissance du parfum  de scandale et de provocation qu’il sème allégrement derrière lui.

Considéré comme le créateur de la théorie dite du Superflat (néo pop), parfait héritier d’Andy Warhol, Takashi serait presque éclipsé par son art si démesurément hallucinogène. Ses œuvres sont une fusion de multiples références iconographiques et culturelles, passant par les mangas, le cinéma, la tradition et les possibilités qu’offre la technologie actuelle. Les sous entendus provocants sont légions et les ironies sont nombreuses dans son travail. La présence de sperme, de personnages débiles et écervelés, drogués et absurdes fait l’apologie d’un discours profond divisé en plusieurs niveaux de lecture : critique du fanatisme, de la société de consommation, de la culture populaire et du phénomène de syncrétisme qu’il impose par le paradoxe de sa propre popularité.

Takashi Murakami rend hommage cette année au bleu d’Yves Klein à l’occasion de l’exposition « Homage to Yves Klein » à la Galerie Perrotin de Paris jusqu’au 7 janvier 2012 . À ce propos l’artiste déclare : « Je pense que l’on s’accorderait à dire que la couleur est l’un des éléments les plus importants de mon travail et quand on observe la vie de Yves Klein, la raison devient éclatante, palpable. La couleur est comme le bouddhisme Zen au Japon, un outil qui peut instantanément guider chacun vers un monde extérieur à soi, qui nous échappe. J’aimerais dédicacer cette exposition à l’artiste qui a le plus passionnément poursuivi cette quête de la couleur. »

Si Takashi a de la malice plein les yeux, c’est pour mieux vous en mettre pleins les mirettes. À consommer donc sans modération et avec jubilation !

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Comme ses œuvres, Stephan Balleux est un voile de mystère qui alterne ombres et lumières afin de mieux nous semer, ou nous approcher. Si la pierre angulaire de sa personnalité peut être dévoilée en partie dans ses toiles, c’est au détour de l’Interview automatique que celui-ci nous en dit un peu plus sur ses contrastes personnels. Une personnalité totalement immergée dans son art et dans sa discipline, mais également ouverte sur ses pairs et l’histoire de l’art qui demeure l’un des outils principaux de son travail. En Flandres au Centre Ter Drift  jusqu’au 11 décembre 2011, il participe également jusqu’au 29 janvier 2012 à l’exposition collective  « Jubilations héroïques » au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris. Stephan Balleux n’a donc pas fini de nous faire voyager dans toutes sortes de dimensions aléatoires et spectrales.  Nous guidant tel un fantôme dans les méandres du temps et de l’ éphémère éternité.

01. A quoi rêviez-vous enfant ?
Je voulais être mon frère.

02. Avez-vous des modèles ?
Je n’arrive pas à me défaire de mon amour pour Le Caravage, Velasquez, Vermeer, Zurbaran, Ribera, Rubens, Antonello de Messina, Memling, Holbein…

03. Comment décririez-vous votre travail ?
Un travail sur la peinture, à l’apparence assez simple, avec un tendance à utiliser la beauté et les diverses possibilités de la peinture pour aborder des questions telles que l’altérité, l’identité, l’histoire et la peinture en tant que telle. Une peinture sur la peinture en quelque sorte, avec une pointe de multi-disciplines, le tout teinté d’anachronisme, de nouveaux médias, d’hallucinations visuelles, et d’étonnements.

04. Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Un travail sur la peinture, à l’apparence assez simple, avec un tendance à utiliser la beauté et les diverses possibilités de la peinture pour aborder des questions telles que l’altérité, l’identité, l’histoire et la peinture en tant que telle. Une peinture sur la peinture en quelque sorte, avec une pointe de multi-disciplines, le tout teinté d’anachronisme, de nouveaux médias, d’hallucinations visuelles, et d’étonnement.

05. Quelle est votre actualité ?
Une exposition à Paris, Jubilations héroïques, au Centre Wallonie-Bruxelles, une autre en Flandres à Bornem au Centre Ter Drift, intitulée Enface, un clip vidéo en animation en production pour le musicien Brice Guilbert, une multitude de projets à finaliser.

06. Quel est votre dernier coup de cœur artistique ?
L’expo Munch à Paris m’a fait beaucoup de bien, une sorte de redécouverte picturale, en particulier son sens de la mise en scène et sa capacité à nous pousser dans l’action psychologique de ses protagonistes.rare.

07. Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
Une boite d’aquarelle à ma douce et tendre.

08. Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
Ma peau et ceux présent au sein du désastre, pour le reste, il suffira de reconstruire.

09. Vous faites quoi demain ?
Journée à l’atelier, visite du musée Wiertz à Bruxelles (un must) et pour finir un repas entre amis et ma filleule.

Lire également : Les identités troubles de Stephan Balleux.

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Ses études de journalisme terminées à Utrecht, Erwin Olaf  se spécialise dans la photo de studio, de publicité et de mode, signant pour de grandes marques comme Nokia, Lewis ou Microsoft. Des marques de renom qu’il n’hésite pas à critiquer ouvertement dans sa série « Fashion Victims » faite en 2000, une série de photos chocs mettant en scène des modèles nus aux visages couverts par des sacs de marques exclusives comme Hugo Boss, Chanel, Armani, Gucci, YSL et Versace. Plusieurs fois récompensé pour son travail largement teinté d’humour noir et de provocation, Erwin Olaf est considéré comme l’un des artistes les plus innovants et controversés de sa génération. Fort d’une notoriété internationale et d’une carrière plus que riche et solide, ce photographe au travail cinglant et incisif est un véritable contre-pied aux références de l’art et à la sous-culture. Maniant les diverses stratégies de l’image pour dénoncer ses dérives commerciales, Olaf détourne les références, exploite les contraires et les contradictions dans une dérision plus qu’équivoque.

L’esprit suggestif et la volonté provocatrice d’Olaf se déclinent dans de nombreuses séries de photos mais aussi dans des vidéos, véritables bijoux visuels qui dissèquent un large panel de mouvements artistiques et de mœurs humaines :  la pornographie, la mode, les identités et les genres  sexuels, les minorités, le star système, la beauté, la laideur, les relations familiales, les différences et les attitudes culturelles établies. Dans une de ses dernières vidéos, « Séparation« ,  il analyse avec cynisme le quotidien familial et ses rôles bien définis par une société aseptisée et étroite. Toujours dans un soucis d’esthétisme extrêmement élégant et sophistiqué, le photographe reste néanmoins le grand signataire d’un satyrisme évident dispersé dans des séries d’images et de vidéos étranges, déroutantes ou mélancoliques, toujours sur ce fil qui sépare les tabous des conventions sociales.

Tout ces thèmes sont largement exploités dans un nombre important de séries photos et vidéos comme « Rain« , « Hope« , « Grief« , « Fall« , « Dawn« , « Dusk« , « Rouge » et « Hotel« , pour n’en citer qu’une poignée.  En outre, Olaf réalise aussi des clips, des documentaires et des courts métrages pour les enfants. Il a fait, entre autre, un certain nombre de clips vidéo d’artistes néerlandais, tel que Karin Bloemen et Paul de Leeuw.

Comme un pavé dans la marre, Olaf met un coup de pied dans la société. Et c’est lancé avec une élégance si impeccable que l’on ne peux que le suivre dans cet élan.

 

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Le thème Dead Line dont la série « Royal Blood » est exposée jusqu’en février 2012 à Berlin en ce moment même, au musée Heydt avec, entre autre, Jake et Dinos Chapman, Nick Cave et Nan Goldin. Vous pouvez également vous procurer les nombreux catalogues sur le site, dont le dernier et superbe « Vite Private« .

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Catrin Welz-Stein a vécu et travaillé en Suisse, elle vit actuellement à Kuala Lumpur en Malaysie . Son univers enfantin et enchanté nous rappelle les contes que nos mères nous lisaient à la tombée de la nuit. Elle-même maman de deux enfants, elle avoue que « comme de nombreuses mères je suis devenue beaucoup plus émotionnelle et ouverte à autrui, et cela se ressent dans mon art« .

Ayant toujours été créative, et ce, dès son plus jeune âge, elle achève ses études au lycée et étudie le graphisme en Allemagne, puis travaille comme designer graphique pour diverses agences. Se sentant limitée dans ses prospections commerciales et professionnelles, elle expérimente alors pendant ses temps de loisir le mélange des supports et des matériaux graphiques. Elle commence des collages et des peintures retravaillés par l’art numérique. Elle se découvre dès lors une réelle passion pour le surréalisme, les contes de fées, le folklore, les temps médiévaux et l’art Nouveau qui sont au cœur de son inspiration.

Une grande partie de son travail est la recherche intensive d’illustrations ou de photos, pour lesquelles le droit d’auteur a longtemps expiré. De vieux livres, des magazines et Internet sont ses ressources principales. Une fois l’image choisie, celle ci sera transformée, assemblée avec d’autres images par procédé de collage numérique et retouchée jusqu’à ce que l’image originale ne soit plus reconnaissable. Ainsi naît une vision unique et entièrement nouvelle, fruit d’un mélange chargé d’histoires et d’âmes du passé, à laquelle elle ajoute toute la magie et la délicatesse de sa personnalité féerique et onirique.

Ne vivant malheureusement pas encore de son art, ses œuvres sont seulement visibles sur un panel de galeries virtuelles. Mais la dimension enchanteresse et romantique de ses œuvres vous transportera bien au-delà de votre écran d’ordinateur. Et cela en un seul « clic » de sa baguette magique.
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Il flotte dans l’air un parfum d’illusion avec Stephan Balleux. Son travail porté sur la perception picturale nous embarque dans un tour de prestidigitateur où les êtres et les choses apparaissent ou disparaissent, selon notre angle de vue.

L’artiste, né en 1974, sorti de l’académie des Beaux-Arts de Bruxelles et de l’Institut Supérieur des Beaux-Arts d’Anvers, vit et travaille désormais à Berlin et expose un peu partout dans le monde, notamment à Bruxelles, Paris et également en Chine.

Son langage s’articule autours du concept du « médium de la communication ». Une image de la mémoire collective sera sujette à un détournement, une transformation et une mutation picturale qui sèmera alors un trouble, une sensation de flou ou une apparition, victime de dédoublement de la personnalité. La source peut être une de ses propres toiles redéfinie et transformée à l’infini, se retrouvant alors être l’objet de sa propre dénaturation, ainsi que  des images d’art ancrées dans  l’histoire et la société.

Ses tours de ‘passe-passe’ nous immergent dans un univers à plusieurs dimensions. La peinture n’est plus une surface plane mais un mouvement, une association d’images,  une succession de métamorphoses sombres et oniriques. Sujet que l’on a retrouvé  fortement dans l’une de ses dernières expositions; « Cipher », à Paris en 2008, à la galerie Think.21. Dans cette série d’œuvres, les figures décomposées se construisent, paradoxalement, une identité propre et nous poussent à nous questionner sur les possibilités cachées de la vision frontale d’une œuvre.

Longtemps concentré sur une palette de couleurs, aujourd’hui Stephan Balleux approfondit la magie du noir et blanc pour nous inquiéter un peu plus et faire de ses tableaux la véritable vision d’un univers parallèle, multidimensionnel, où se mélangent les époques et les identités.

Les choses vont et viennent, les visages se métamorphosent en d’autres visages et nous plongent dans une mise en abîme envoûtante et vaporeuse. Stephane Balleux est un magicien et nous, le lapin, qu’il sort de son chapeau.
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Le corps est un outil à qui l’ont peut faire subir des expériences extrêmes. Ce corps humain cloné, déformé, multiplié et réincarné est l’outil choisi et reconsidéré par Robert Gligorov pour explorer les positionnements politiques, sexuels et les pratiques de consommation de notre société.

Né en Macédoine en 1959, cet ancien acteur de film d’horreur vit et travaille désormais en Italie, l’esprit hanté par la mort et les mutations des corps. Acteur de ses propres scénarios il réalise, dans sa phase « héroïque », des performances, des installations, des vidéos et quelques sculptures se nourrissant de cette obsession  : la quête d’une nouvelle « peau »,  organique et inorganique, comme un entre-deux improbable parcouru de toutes les inquiétudes contemporaines. L’ère est aux supputations, aux hybridations de toutes espèces, aux mélanges des genres et à la mutation morphogénétique.

Ses photographies sont les plus explicites mises en scène de son principe d’attraction/répulsion. « Divina », la colombe blanche de 2007 s’oppose radicalement, par exemple, à ce « Self Portrait » bubonique de 1998. La mort, la maladie, les symboles politiques et les usages de sur-consommation sont également omniprésents et incarnent un parfum de scandale voué à l’anticonformisme. Et pour servir son art tout les matériaux possibles et improbables sont utilisés : peaux de volailles, animaux empaillés, armes, mannequins, corps humains, objets du quotidien ou lui-même. Ce manipulateur de la chaire et de ses extensions étire son art dans des discours ouverts et multiples.
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Entre images mortifiées et provocations sociologiques, son regard cynique, puissant et insidieux nous livre un subtil questionnement sur notre ère voué au pouvoir et tout en dénoçant sa dramatique déshumanisation. Une critique acerbe sur la mort et la vie en société à décortiquer vivement.

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