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IN-SECT.tv est toujours en dormance mais vous pouvez retrouver les chroniques disques de Matthieu B. Michon sur le site EMERGENZA.net.

Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire !!!

C’est dans une Normandie plongée dans la pénombre que Darko, le temps de quelques mélodies, fait frémir le paysage sonore de lumières blafardes. Un songwriting délicat parfois presque pop qui va pourtant plonger ses racines entre post-punk, cold et new wave. Une mélancolie qui scintille comme une étrange lueur d’espoir. Le premier EP, enregistré par Antoine Gaillet (M83, Berg Sans Nipple, Zombie Zombie…) ne sortira que le 13 novembre prochain mais nous ne pouvions attendre de vous faire découvrir ce premier titre ! Le « noir » est toujours d’une rare élégance.

PS : Darko jouera le 8 décembre aux Transmusicales de Rennes

[on a break]

L’équipe étant de plus en plus impliquée dans des activités extérieures (professionnelles, extra et personnelles), IN-SECT.tv se met plus ou moins en dormance, jusqu’à nouvel ordre. Les archives restent, bien entendu, accessibles.

Si vous souhaitez rejoindre l’équipe, et lui offrir un second souffle, n’hésitez pas à nous contacter.

Merci à tous pour votre soutien et à bientôt !

Sandra Abouav, chorégraphe de la compagnie METAtarses présente « HÉLICES » vendredi 15 et samedi 16 juin au Point Éphémère. Nous l’avions rencontrée en février dernier lors de son passage à La Loge avec la pièce « SLIDE-se révolutionner ». Aperçu d’un échange fleuve et passionnant.

Des modèles et des influences

J’ai découvert le travail d’Hervé Diasnas avec le solo « Naï » (vu à Poitiers il y a six ans environ). Quand j’ai décidé de faire mon solo « SLIDE », son fantôme m’accompagnait, parce qu’il est dans une expression des passions et se situe sur deux partis pris. Le premier consiste à ponctuer l’espace par des contraintes et rendre visible des domaines différenciés sur la scène (une conception qui façonne mon écriture). Il est capable de faire une danse des mains très articulée, minimaliste, subtile, mais aussi dé déployer une grande énergie. C’est son deuxième parti pris : son rapport à la dépense, à la physicalité vraiment accrue que j’aime beaucoup.

A la même période, j’ai vu ce que faisait Odile Azaguri. Elle met en scène quelque chose de l’ordre de la folie humaine, une décadence de vie qui nous plonge dans l’humain et ses ambivalences. Ce qu’elle propose n’est pas du tout binaire, c’est une sorte de dérive du collectif sur l’individu. Il y a quelque chose de cet ordre là qui m’a beaucoup plu quand j’ai rencontré ce travail. Elle est d’origine marocaine et travaille aussi sur l’idée de l’exil, sur la culture que l’on amène avec soi, qui est déposée dans le corps et qui peut se manifester dans l’ailleurs. Chez elle aussi, j’apprécie la dépense physique de la danse, l’idée que quelque chose de fort se joue sur scène. Ce que je fais est antinomique avec la non-danse ou de la contredanse.

J’aime aussi beaucoup Christine Gérard, pour son rapport à l’improvisation, sa capacité à nous mettre dans un état d’hyper sensibilité. Et il y a Dominique Dupuy : un totem vivant, une bibliothèque vivante, dans ce qu’il transmet de son rapport à l’espace. Je me sens « héritière » – bien que je n’ai pas été son élève unique et qu’il n’a pas été mon maître au sens où il n’y a pas eu de transmission privilégiée. Je me sens comme chargée d’une responsabilité vis-à-vis de son travail, notamment en ce qui concerne sa conception de l’espace, empruntes de principes orientaux. Selon lui, l’espace est déjà peuplé de mouvements, et le corps, en traversant ce champ de mouvements présents mais imperceptibles, les rend visibles. Le mouvement existe déjà, il suffit au corps de s’insinuer à l’intérieur : le corps n’est qu’un vecteur du mouvement déjà existant. Cette idée me plait beaucoup. C’est aussi ce que dit Mary Wigman lorsqu’elle parle des petites mains extérieures et invisibles qui la déplacent, qui bougent son corps. Ce qui me plait dans cette notion de l’espace, c’est qu’il y a une forme de déresponsabilisation. Tu te décentres, tu t’en remets à l’espace, à l’écriture que tu fais de l’espace, pour voir émerger la danse.

Le travail de Sandra Abouav : quelques fondamentaux

ESPACE
Le rapport à l’espace est fondateur. Il y a des gens qui dansent plutôt sur place, même si en danse contemporaine, cela a été un peu balayé… Je suis dans l’idée d’être au cœur du monde et d’être plongée, immergée dans un espace.

CÉLÉBRATION
J’aime aussi beaucoup l’idée  de réenchanter le quotidien, de la célébration. Quelque soit le projet, il y a toujours pour moi l’envie d’une célébration de la vie, de l’humain, quelque chose qui le porte au sublime. Comme une gloire à cette vibration de la respiration, de la pulsation : je suis très attachée au rythme. J’aime penser à un corps qui serait encore païen, surtout au XXIe siècle. Un corps qui se reconnecterait avec le sacré, le spirituel dans un rapport au temps immémoriel ; c’est probablement une conception plus orientale qu’occidentale. Que l’on soit face à un solo ou à une danse de groupe, j’aime l’idée que l’on puisse avoir accès à l’individu dans sa mythologie intime. C’est-à-dire qu’il y a des rituels intimes, des choses auxquelles on n’a pas accès directement, qu’il faudrait décrypter.

SÉMIOTIQUE
Je considère que la danse se situe entre le signe et le symbole : qu’il y ait des choses qui fassent signe, comme l’écriture, qui laisse peu de place à l’ambivalence, et la danse plus liée au symbole, qui lui, au contraire est vraiment chargé, avec des connotations très différentes. Dans mon travail, j’essaie de toujours flirter entre les deux.

MÉTAMORPHOSE
Ce qui me plait aussi, c’est de pouvoir me glisser dans des peaux différentes. Comme dans mes rêves d’enfant. Avec l’idée du travestissement, mais aussi (surtout) celle de changer de peau : de pouvoir passer à l’animalité, de pouvoir jouer avec sa propre peau. La métamorphose, c’est mon cheval de bataille ; et « SLIDE », c’est vraiment la recherche du comment  glisser d’une situation à une autre, comment aller jusqu’au bout d’une expérience que l’on peut faire avec une peau particulière, et comment la mue, la mutation même est impérative pour continuer.

FAIRE DE LA SCÈNE UN LIEU DE QUESTIONNEMENT
Sans pour autant qu’il y ait un message, ce que je considère comme le pire écueil du spectacle vivant (« Quel est votre message ? » « Qu’est ce que vous voulez dire ? »). Je fais quelque chose qui dit quelque chose, mais moi, je ne veux rien dire. Et j’aime pouvoir semer du trouble : par l’illusion d’optique, l’illusion temporelle, par la déformation du corps… quelque chose qui dérange, qui déplace.

VIDÉODANSE
De manière plus pragmatique, dans mon travail, la collaboration avec Vincent Cespedes est essentielle. Ensemble, on réalise beaucoup de vidéodanses. Il filme et m’amène des musiques à explorer. Il y a vraiment un lien particulier entre la musique et la danse. C’est une rencontre qui amorce un évènement, et Vincent, dans sa philosophie, définit l’évènement comme une source d’émotion. Il y a évènement quand il y a émotion. Le mouvement c’est de l’émotion. Comme disait Merce Cunningham, ce n’est pas la peine de surenchérir, le corps en mouvement est déjà très expressif. L’idée est donc de tisser des intentions pour parvenir à l’émotion, d’atteindre et d’impliquer le spectateur, de le questionner, de le déplacer. Cette conception vitaliste est également très présente dans la philosophie de Vincent Cespedes : on parle de la brèche de la vie.

ANTENNES
Quand je donne des cours, j’utilise souvent le mot « antenne ». On a des antennes au bout des doigts : c’est assez évident et commun comme image. J’avais fait un stage avec une danseuse de butô,  Sumako Koseki, qui parlait de la « pixellisation du corps ». Elle avait recours à ce terme technologique virtuel pour parler du corps, et je trouve ça drôle. Pixeliser le corps, le mettre en haute définition, essayer de rendre visible chaque parcelle du corps dans un rapport hyper sensible à l’espace. Cela me touche beaucoup et me renvoie à une idée de Déborah Hay :  faire comme si chaque cellule du corps se rendait consciente de l’espace dans lequel elle se projette. Ne pas avoir un corps bloc, mais un corps réflexif et réceptif à l’espace qui l’entoure, comme si les cellules du corps grouillaient… J’aime bien l’idée que le corps soit une matière grouillante.

À découvrir : HÉLICES, 15 et 16 juin au Point Éphémère.

En résidence au Point Éphémère en mai du 14 au 27 mai avec le projet « HÉLICES »,  nous présenterons une première étape de travail dans le festival « Les petites formes décousues » les 15 et 16 juin (tous les résidents du Point Éphémère y présentent leur travaux). Je travaille de nouveau avec Vincent Cespédes qui m’accompagne autant en musique qu’en philosophie. Dans « HÉLICES », il y a une thématique pré-explorée dans « SLIDE » : le passage du mécanique à l’organique. Il s’agit ici d’explorer comment on perd de vue l’humain parce que l’on se « machinise » on se « routinifie », et comment on brise ses chaînes pour retrouver le rapport à l’humain, au vibrant.

Il y a ces deux idées dans l’hélice et c’est ce qui me passionne : c’est à la fois une forme qui est fabriquée industriellement pour générer de la propulsion, mais ça désigne aussi l’hélice organique qui est présente dans la construction de beaucoup de structures vivantes. Nos muscles sont en spirales, la double hélice de l’ADN est aussi une image. De quelle hélice va-t-on parler ? Quel est ce symbole que l’on va convoquer ? Pour le savoir, rendez-vous vendredi 15 juin et samedi 16 juin au Point éphémère pour découvrir la première étape de travail de « HÉLICES », dans le cadre des Petites formes décousues.
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Intéressante initiative que celle de l’association Music Solidarity. Celle-ci récolte et recycle tout le matériel de musique susceptible d’être valorisé (nickel des cordes de guitares, cuivre des cymbales, etc.). L’argent ainsi récupéré auprès d’un ferrailleur, permet ensuite financer des actions de solidarité dans des domaines aussi variés que la musique, la santé, le développement durable…  L’association récupère également le matériel de musique encore fonctionnel pour le transmettre à des musiciens peu fortunés un peu partout sur la terre et surtout développer et parrainer des écoles de musique au Mali, au Cameroun, à Madagascar, en Haïti… Alors ne jeter plus à la poubelle mais déposé vos cordes cassées dans l’un des points relai (liste complète).

Récemment signé chez Tricatel, le label de Bertrand Burgalat, Christophe Chassol pianiste et compositeur de talent que l’on a croisé notamment aux côtés de Phoenix et Sébastien Tellier, sortait fin février un premier album : « X-pianos ». Dans un rapport intime à la vidéo, il sort des contraintes et carcans de l’industrie musicale pour dévoiler un univers riche et élégant, une culture de la musique à l’image. Interview automatique avec ce brillant touche-à-tout.

A quoi rêviez-vous enfant ?
Je rêvais que j’étais l’homme de l’Atlantide.

Av(i)ez-vous des modèles ?
Ni Dieu, ni Maître…

Comment décririez-vous votre travail ?
Généreux, chaud, multiple, obsessionnel, appliqué, super-spécifique et en même temps hyper-universel…

Et pour de vrai, vous faites quoi dans la vie ?
Je regarde New York District ou Columbo sur TV Breizh.

Quelle est votre actualité ?
J’écris la musique du film d’horreur de Marina de Van. Je sors un album chez Tricatel (« X-pianos ») et joue mon spectacle « Nola chérie » avec Lawrence Clais. Je pars en Inde du Nord (Calcutta, Vanarasi) faire un film, « Indiamore » sur le même concept que « Nola chérie » dans lequel je vais filmer gurus, vaches, brahmanes, trafic et musiciens. La semaine prochaine, je suis en résidence au théâtre de Coutances avec un quatuor de synthés et le quintet DPZ (Thomas de Pourquery) pour un concert en mai à Jazz Sous les Pommiers. J’ai des concerts avec Acid Washed un peu partout… voilà en gros.

Quel est votre dernier coup de cœur artistique ?
… Mon dernier vrai coup de coeur date de juin dernier… C’est « The Clock » de Christian Marclay à la biennale de Venise. Il y a aussi une musicienne, pianiste, percussionniste classique et compositrice hyperdouée qui joue avec Yuksek en tournée, elle s’appelle Léonie Pernet et va sortir sa musique très bientôt.

Quel est le dernier cadeau que vous ayez fait ?
J’ai offert le dernier numéro de la revue « 6 mois » à ma copine.

Que sauveriez-vous des flammes d’un incendie ?
En juillet 2000, alors que je rentrais à 3h du mat, mon appartement de Belleville à complètement brûlé… j’ai eu le temps de monter au 8ème étage et n’ai rien pu sauver… ; rétrospectivement, j’essaierai de choper mes moleskines avec toutes mes notes, et mes carnets de partitions avec tous leurs brouillons…

Vous faites quoi demain ?
J’ai rendez-vous chez ta mère.
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Après un excellent album « sec« , sorti en 2010, 1=0 reviendra avec son noise poétique le 30 avril prochain avec un nouvel EP intitulé « Forteresse ». Le verbe toujours acéré, le groupe remanié propose de un premier extrait, une vidéo éponyme réalisée par Axël Ramonet :
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